La vérité intelligente

Posté par  admin   à  ,       lundi, décembre 25, 2017     641 Views     Laisser vos impressions  

Un roi dirigeait son royaume depuis de longues années, quand il décida un jour de se faire faire un portrait de lui-même. Il fit venir de nombreux dessinateurs de renom et leur fit part de sa demande. Cela n’aurait pas effrayé un dessinateur de ce rang si le roi n’avait pas trois gros défauts :

En effet, celui-ci avait une jambe plus longue que l’autre, il était bossu, et en outre, un œil n’était pas à sa place étant décalé de quelques centimètres. Tout cela rendait la tâche périlleuse…

Et pour cette raison, les artistes s’esquivèrent les uns après les autres , chacun invoquant le meilleur prétexte possible afin de ne pas éveiller de soupçon sur sa réelle motivation.. Tous se défilèrent donc, tous sauf un. Il se présenta devant le roi et déclara qu’il se sentait capable de dessiner le roi.

Deux semaines plus tard, il fit annoncer au roi que son chef d’oeuvre était terminé. Le roi, content et fier fit alors préparer un festin au cours duquel il présenterait son tableau à tous ses invités. Ainsi fut fait, et le jour dit, de nombreux fideles du roi répondirent présents à l’invitation de leur souverain. Au cours du repas, le roi se leva, frappa à trois reprises sur la table puis annonça fièrement que son tableau allait leur être présenté. L’artiste arriva et leva alors doucement le drap qui recouvrait l’œuvre. C’était une réplique exacte du roi ! Mais celui-ci en voyant la toile, devint rouge de rage : « Est-ce ainsi que tu me vois ?? » demanda le roi au dessinateur?

-« Oui sa majesté » répondit-il et aussitôt le roi ordonna qu’on le jette en prison.

Le roi fit appeler ses ministres et leur réitéra sa demande, mais pas de blague cette fois-ci ! À nouveau convoqués, les artistes se défilèrent tous sauf un. Il avait compris la leçon expliqua t’il, et accepta de se lancer dans cette délicate mission . Une fois le second tableau terminé, le roi, content et fier fit préparer un nouveau festin au cours duquel il présenterait son tableau à tous ses invités. Ainsi fut fait, et le jour dit, de nombreux amis du roi répondirent encore une fois présents à l’invitation de leur souverain. Au cours du repas, le roi se leva, et, là aussi, il frappa à trois reprises sur la table et annonça fièrement que son tableau allait leur être présenté. L’artiste arriva et leva doucement le drap qui recouvrait l’œuvre. Une fois de plus, à sa vue, le roi se mit en colère !

« Est-ce comme cela que tu me vois ?? » demanda le roi au dessinateur? « Oui » fut sa réponse, et il fut lui aussi immédiatement jeté en prison : cette fois-ci, le tableau représentait le roi impeccablement, sans aucun défaut, mais du coup était-ce vraiment un tableau du roi ?

Pour la troisième fois, le roi fit convoquer ses ministres et leur réitéra sa demande, non sans insister sur l’obligation de réussite ! A nouveau, tous les artistes se défilèrent sauf un. Cette fois-ci, lui il saurait quoi faire : il n’avait pas l’intention de finir en prison comme ses amis !

Et ainsi quelques temps plus tard, il se présenta au roi et lui annonça le travail comme étant terminé. Pour la troisième fois, le roi lança les invitations, et pour la troisième fois, ses amis répondirent présents. Tous étaient curieux de savoir comment le pauvre artiste allait s’en sortir ?

Quand le roi frappa sur la table, la tension était palpable de tous , l’artiste se leva doucement, s’approcha de la toile et leva délicatement le drap recouvrant l’œuvre.

Tous les regards tournés vers le roi purent lire sur son visage la satisfaction et l’admiration pour la sagesse de l’artiste. Mais qu’avait t’il bien pu peindre ? Car de fait, la réalité c’est la réalité !

Ce peintre-ci n’avait pas triché sur la réalité, mais il avait su cacher intelligemment tous les « défauts » : comment  ?

Il dessina le roi en position de chasse, un pied posé sur un rocher (pour que l’on ne puisse distinguer le handicap du roi), le dos courbé en tenant un fusil (ainsi on ne pouvait deviner que le roi était bossu) et le front plissé pour viser (pour cacher le décalage au niveau de son œil). Évidemment l’artiste fut gracieusement récompensé…

Ainsi en est il dans la vie de tous les jours : Il ne suffit pas toujours de dire la stricte vérité car cela peut parfois blesser son prochain et il est bien certain que mentir n’est pas non plus la solution.

Prendre le temps nécessaire afin de trouver la solution, les mots ou le bon comportement pour de ne blesser personne, et ce sans avoir recours à la facilité qui est de mentir ; car après tout, le but recherché est le résultat , alors à nous de faire le (petit) effort nécessaire afin d’arriver à notre but de la façon la plus noble possible, comportement qui ne peut attirer sur son auteur que gratitude et respect de la part de son entourage…

 

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