Le divorce : la 11ième plaie d’Égypte !

Posté par  admin   à        vendredi, octobre 2, 2015     603 Views     Laisser vos impressions  

La lecture de cet article est strictement réservé aux femmes

par la Rabbanite Yael Taieb

Ma très chère amie,

Laisse-moi te raconter une histoire du Or Sameah. L’atmosphère était tendue, nos regards s’entrecroisaient tout en essayant de ne pas se fixer. Le Rav nous dit alors : « Vous êtes vraiment prêts à divorcer ?» Un son inaudible sortit de notre bouche : « Oui.» En effet, il n’y avait plus rien à faire, notre couple était au bord du gouffre tellement l’incompréhension et l’animosité des malentendus étaient venus à bout de notre couple. Le Rav nous dit « Très bien, vous m’avez dit que vous avez un petit garçon de 5 ans, n’est-ce pas ? Venez demain, nous signerons le guet et venez aussi avec votre petit.»

Le lendemain, nous étions tous les trois présents. Le Rav demanda à David de s’approcher de lui, il le prit affectueusement sur ces genoux, il commença à lui parler : « Je sais que tu es un petit garçon et que tu ne comprends pas du tout ce qu’il se passe maintenant, mais vois-tu, ton papa et ta maman ne peuvent plus vivre ensemble, ils ne se supportent plus. Toi, maintenant, ta vie va changer, tu vas être balloté de maison en maison, tu vas grandir d’une manière différente de tous les autres enfants, tu vas devenir un orphelin, un orphelin de la vie…»

Le Rav continua à parler à David, pendant que je regardais mon mari ; mon mari me dévisageait lui-aussi. Quand nous nous sommes levés d’un bond et avons déclaré au Rav : « Arrêtez ! Nous avons compris, nous rentrons à la maison. Nous allons tout faire pour nous en sortir !»

Aujourd’hui, le divorce peut te paraître comme une normalité des temps modernes, mais sache que c’est l’événement le plus terrible, le plus dramatique et le plus déstabilisant qu’il soit. Mais ne crois pas que c’est seulement une tragédie pour le couple ou pour les enfants ; ce drame est vécu d’abord par le Ciel comme la pire des choses. Tu veux certainement une preuve ? Il est écrit : « Même le Mizbéa’h verse des larmes lorsqu’un homme divorce de sa femme » (Guemara Guittin). Tu peux donc imaginer le désordre que cela crée dans les mondes supérieurs ; comment Hachem Lui-même exprime Son désaccord et Sa peine avec cette déchirure totale entre l’homme et la femme.

Mais, pourquoi la Guemara, a pris le Mizbéa’h en exemple ? Ben, c’est tout simplement parce que c’est le point d’attache d’union et d’amour entre Hachem et le peuple d’Israël. Le Mizbéa’h est appelé « femme » pour Hachem et cet endroit, où justement on y apportait des offrandes, était celui de l’expression d’un amour infaillible, fidèle et éternel. Voilà donc pourquoi le Mizbéa’h est à l’image de l’amour qui doit résider entre un homme et sa femme.

Le mariage représente une union très forte entre deux êtres, entre deux nechamoth. Divorcer veut dire, briser, déchirer et annuler totalement cette union. Lorsqu’on divorce, c’est comme si on annulé ce lien infaillible qui existe entre Hachem et le peuple d’Israël !

Tu comprends donc pourquoi le Mizbéa’h verse des larmes, car on pleure une séparation sur une perte profonde. Divorcer de son mari, c’est comme divorcer d’Hachem, ‘hasvé chalom. Le divorce est donc la seule chose qui n’est pas minachamaim. Je sais qu’à ce moment-là, on ne pense qu’à une seule chose : « Je vais enfin être libérée de mon enfer et en divorçant, tous mes problèmes vont être réglés !»

Tu es certaine que tu vas découvrir une nouvelle vie, connaître une nouvelle personne, qui va enfin te comprendre et t’apprécier à ta juste valeur, bref, une vraie histoire d’amour comme dans les films…

Mais, ne te leurre surtout pas et comprends bien une chose : en général, ce sera tout à fait différent de ce que tu pouvais imaginer ! Combien de personnes m’ont-elles témoignées, qu’après leur divorce, elles ont ressenti comme si on leur avait coupée une main ! Ce sentiment de déchirure, mettra des années à s’effacer, si vraiment il peut s’effacer… Dans d’autres cas, la haine était si forte entre les conjoints, que chaque occasion, fête familiale, bar mitzwa, mariages, devient un jour noir. Ce jour-là, on va devoir éviter sa présence, son regard, faire comme-si qu’il n’existait pas. Mon D.ieu, quelle souffrance… !

Tellement de haine, tant de ressentiments, surtout lorsque l’on voit son ex en compagnie de sa nouvelle famille… des plaies qui peut-être ne se cicatriseront jamais.

Quand je te parle de déchirure après le divorce, comprends-le au sens littéral du terme, car un homme et une femme sont deux moitiés d’une seule et même nechama. Lorsqu’ils divorcent, cette déchirure atteint la racine de leurs âmes et c’est exactement ce que nous dit le Midrach : « Lorsqu’une femme divorce, un cri strident traverse tout l’univers d’une extrémité à une autre.» Ce cri, c’est le cri de la déchirure des âmes, donc non, le divorce ne sera pas la solution à tes problèmes. S’il te plait, assieds-toi, et essaye de réfléchir, recentre-toi seule ou avec ton mari ; analyse où sont vos manques et comment est-ce que vous pouvez-y remédier afin de pouvoir vous retrouver. Ne te décourage pas, même si la situation te paraît dramatique, vas chez Hachem qui justement ne veut pas de ce divorce. Implore-Le de vous aider, de pouvoir mieux vous comprendre, et surtout de vous redonner la volonté de reconstruire ensemble.

N’oublie jamais que ton mariage a été voulu par Hachem, et que rien ne peut s’opposer devant La volonté !

Source : www.lapausecafe.org

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