Le sacrifice de la grand mère de Rabbi Na’hman

Posté par  admin   à        mercredi, mars 6, 2019     698 Views     Laisser vos impressions  

Rabbi Na’hman de Horondenka naquit en 1680. Il possédait des qualités exceptionnelles, et était un fidèle serviteur du Baal Chem Tov. Il était animé d’une crainte du ciel illimitée. Le Maguid de Mezricht lui même, lors d’une rencontre avait été impressionné par sa dévotion.

Cette personnalité deviendra quelques années plus tard le grand-père du Tsadik Rabbi Nahman de Breslev.

Lorsque Rabbi Na’hman de Horondenka perdit sa femme, on lui fit diverses propositions de mariage,mais il les repoussa toutes.

L’un des disciples du Becht, Rabbi Yits’hak de Drouvicht avait une soeur veuve, fortunée et sans enfant. Son haut rang ainsi que sa noble lignée ne lui permettait pas d’épouser un homme quelconque. On lui proposa plusieurs partis qu’elle refusa.

En fin de compte, elle décida d’aller chez le Baal Chem Tov pour épancher son coeur et lui demander conseil :

-Je ne cherche ni richesse, ni honneurs, dit-elle, car ce n’est pas ce qui me manque, Dieu merci.

Je désire épouser un homme craignant le ciel, ayant des qualités particulières comme pourrait l’être un de vos disciples !

Le Becht pensa que Rabbi Na’hman de Horondenka était exactement ce qui lui convenait. Les présentations faites, ils se fiancèrent.

-Que puis-je vous offrir en remerciement ? demanda Rabbi Na’hman de Horondenka au Becht.

-Lorsque tu auras un fils, je voudrais que tu le fiances avec une fille de ma famille.

-Je descends de Betsalel ben ‘ Hour de la Tribu de Yéoudah et je dois marier mes enfants avec des gens de cette même Tribu ! répondit gêné Rabbi Na’hman Horodenka.

Le Baal Chem Tov était issu d’une grande famille remontant au roi David. Il montra son arbre généalogique, et il dit :

-Tu vois ! Nos familles peuvent s’épouser entre elles !

Les plus grands ‘hassidim assistèrent au mariage de Rabbi Na’hman Horodenka et lorsque tous les invités s’en allèrent, on remarqua que le nouveau marié avait lui aussi disparu. Ayant d’importantes et nombreuses “affaires” à régler, il avait demandé la permission à son épouse de la quitter à la fin du repas, et elle la lui accorda mais à condition qu’il ne tarde pas trop…

Une dizaine d’années passa et il n’était toujours pas de retour ! L’épouse alla voir le Becht qui lui promit de contacter son disciple, et de l’interroger.

Dans une vision sainte, le Becht “retrouva” son cher disciple, et envoya au plus vite un messager, lui enjoignant de revenir immédiatement. Dès qu’il parut, le Becht lui demanda :

-Pourquoi t’absentes-tu de ton foyer ?

Je sais par prophétie que ma femme devra quitter ce monde aussitôt après la naissance de notre fils, répondit-il.

Le Becht convoqua l’épouse et lui demanda si elle était prête à un pareil sacrifice. Bien que convaincue de la véracité des paroles de son époux, elle répondit par l’affirmative. Il revint dans son foyer et elle conçut peu après. Les semaines passaient, la rapprochant de la naissance du bébé, mais aussi de son propre départ à elle de ce monde.

Elle épancha son coeur vers l’Eternel : “ Permets-moi mon Dieu, de survivre au moins un moins à la naissance de mon enfant”, supplia-t-elle.

Son souhait fut exaucé. Elle donna naissance à un fils qu’elle éleva avec le maximum d’amour pendant un mois, puis elle décéda ( l’enfant naquit en 1750).

Alors, l’époux dévoila que le moment où elle fit cette prière était un instant propice, et que si elle avait demandé à vivre plus longtemps, sa requête aurait été acceptée par le Ciel. Elle aurait même pu assister au mariage de son fils. Mais il ne pouvait rien lui révéler. L’enfant fut nommé Sim’ha. Le petit orphelin fut élevé dans la maison du Becht.

« Extrait du livre « Rabénou » écrit par Avraham Ghézy »

 

 

 

 

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