Le salaire d’une Tsadeket

Posté par  admin   à        dimanche, février 17, 2019     1230 Views     Laisser vos impressions  

Odèle, par sa crainte et son dévouement à Dieu était chérie et admirée par son père le Becht (le Baal Chem Tov). Il avait une confiance unique et une proximité particulière avec cette néchama (âme) unique et sainte, qui sera la grand-mère du futur Tsadik de la génération : Rabbi Nahman de Breslev.
Voici un épisode où le père et la fille prirent le bateau en direction de la Terre Sainte. Soudain, une tempête éclata ….
Le Becht chérissait beaucoup sa fille Odèle, dont il disait que son âme était un trésor de sainteté. Son nom était composé des trois premières lettres du verset « Ech Dath Lamo– dans sa droite, une loi de feu » ( Deut. 33,2). Avec elle, tout comme avec ses disciples, il entretenait de longues conversations sur des sujets saints et très élevés.
Elle l’accompagna dans son périple d’Erets Israël. En 1743, le premier jour de demi-fête de Pessa’h, le Becht, sa fille et son secrétaire particulier embarquèrent à destination d’Erets Israël. Le bateau largua les amarres … Au cours du voyage, une violente tempête mît en danger la vie des passagers. Des vagues gigantesques s’abattaient sur le bateau l’alourdissant dangereusement.
La seule solution pour l’alléger consistait à jeter tous les bagages des passagers par-dessus bord.
-Je sais pour quelle raison la mer est démontée, déclara tristement le Baal Chem Tov. Il y a un decret sévère dans le Ciel. On ne veut pas que mes écrits soient publiés ou alors… c’est ma fille Odèle qui est concernée.
Odèle était toute tremblante, car le dilemme était de taille, mais intimement convaincue de la valeur des écrits de son père, elle proposa sans hésitation :
-Père, il vaut mieux me jeter à l’eau. Ainsi tes précieux écrits seront préservés !
Elle était donc prête à  sacrifier sa vie plutôt que de priver le peuple juif de ces écrits si merveilleux. On la fit descendre à la mer.
Alors qu’elle touchait déjà l’eau, elle demanda soudain à remonter, puis elle déclara d’un ton assuré :
-Père, il est préférable que tu jettes tes écrits à la mer, car de ma descendance naîtra un petit-fils qui écrira des livres d’une plus grande portée ! ( Elle faisait allusion à Rabbi Nahman de Breslev, dont les écrits ont permis de sauver des milliers d’âmes).
Le Baal Chem Tov s’éxécuta et la mer s’apaisa aussitôt.  Après maintes péripéties, ils furent contraints d’interrompre leur voyage.
Très déçus, ils reprirent par Istanbul le chemin du retour, sans avoir pu arriver en Eretz Israël.
On demanda un jour à Rabbi Nahman de Breslev, pour quelle raison le Baal Chem Tov accordait tant de considération à sa fille Odèle?
Voici sa réponse : «  Le coeur de ma grand-mère était toujours rempli du désir de servir Son Créateur. Toute sa vie elle se consacra à l’accomplissement de la Volonté de Dieu » .
Certains documents prouvent cette confiance. Le Baal Chem Tov lui confiait souvent des tâches confidentielles. Voici des exemples tirés de lettres qu’il lui adressait :
…/…
A Polna, Parachat Kora’h 5513
A ma chère fille et Tsadekete, Marat Odèle.
«  Etant donné que je dois encore m’attarder ici, je te permets de donner les remèdes de mon livre de Guérison qui se trouve chez Rabbi Nahman Horodenka. Ce n’est que par ta propre bouche que sera transmis le remède, et non par celle d’un délégué. 
Paroles de ton père qui te bénit en toutes choses ».
« Extrait du livre « Rabénou » écrit par Avraham Ghézy »

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