Ouman, c’est décidé, je pars!

Posté par  admin   à        mardi, août 19, 2014     927 Views     Laisser vos impressions  

Par Meir Haddad
 Une phrase-clef m’a conquis: « Si tu crois que l’on peut détruire, aie Foi que l’on peut réparer! ». Quelques effets personnels, une formule « Pèlerinage » tout compris, ça y est, je suis
prêt!La semaine suivante, l’avion décolle. A ma droite, un vieillard péot au vent. A ma gauche, un petit blondinet qui m’observe. Où suis-je?Les premières paroles échangées me rassurent.Le vieillard: « Le désespoir n’existe pas! Même si l’homme transgresse la Torah mille fois, il doit croire qu’il peut tout recommencer. La Foi parfaite en D.ieu et Ses bontés se renouvellent chaque matin. ».

L’enfant précise: « Mais mieux vaut être Simple et croire en tout, plutot qu’ »intello » et ne croire en rien. En croyant à tout, le Simple en vient aussi à croire au vrai. Alors que l’ »intello », qui nie tout, nie également la Vérité ! ».

WAOWW ! Ça décoiffe. Je me lance: « Ne jamais se décourager. Toujours se réjouir !»

Dans l’avion, c’est l’euphorie: les rires et les chants fusent. En deux petites heures, mon existence a basculé, vers le haut.

DRING ! Kiev, déjà? Je salue mes compagnons, saute de l’avion et m’engouffre dans le bus qui nous attend, impatient. Installé au premier rang, je savoure le dépliant distribué par notre dealer, qui détaille chaque étape du circuit: Berditchev, Medziboz, etc. Super.

Très vite, nous traversons champs et forêts à perte de vue.

Première étape, Berditchev. Le mausolée domine les habitations voisines. Le car se vide promptement, j’observe. Mes compagnons paraissent expérimentés: quelques bousculades, un Tikoun haKlali, les visages rieurs ont fait place à la concentration, aux larmes, qu’est-ce qui se passe? Je me sens novice. Mon voisin: « Frère, laisse-toi aller, ferme les yeux, ouvre ton cœur. ».

Ça marche!!! Moi qui me prenais pour un dur à cuire. Souvenirs et émotions m’envahissent, le Tsaddik a enclenché ma vidéo. Je pleure à flots.

Rabbi Levi Yits’hak! Le défenseur du peuple élu. Chaque Chabbat, avant la Havdala, je récite: « Elo-hé Avraham, Elo-hé Yits’hak, etc ». L’auteur, c’est lui. Gros bisous mouillés sur la tombe nickel.

Deuxieme étape, Medziboz. Arrivés, mince! Le cimetière est fermé. Que faire?

« Lorsqu’un homme sait que tout ce qui lui arrive est pour son bien, cette qualité est le reflet du Monde Futur! ».

Soudain, surgi de nulle part, un p’tit bonhomme nous ouvre. C’est le gardien!? Nous nous présentons bien rangés, émus voire bouleversés, devant l’arrière-grand-père de Rabbénou Na’hman, celui qui a su redonner honneur et espoir au peuple, en une si sombre période.

C’est reparti, Tikoun haKlali, bougies, pleurs, je conclus mon « deballage ». Il me semble que le Tsaddik acquiesce.

Troisieme étape, Breslev. Le Rebbe: « Sois fort et courageux! ». Je me sens si différent!

La tombe de Rabbi Nathan est en plein champ, surplombant le fleuve de Boug. Un endroit idéal pour Hitbodedout, la conversation avec D.ieu. Cela parait fou de parler à son Créateur. « Revenez avec des paroles! ».

Rabbi Nathan, disciple de Rabbénou! Sans lui, rien ne resterait des enseignements du Maître. Un Scribe génial, un Erudit hors pair. « L’étude de la Torah est infiniment puissante ! Elle arrache le pécheur aux pires dépravations!… Fixons un temps pour l’étude. Et si l’on est dépassé par nos activités, « volons » de notre temps pour le consacrer à la Torah ! ».

Tikoun haKlali, « Confession » (Tiens! Je pensais avoir tout raconté, deviendrais-je intarissable?).

Le temps presse. Nous voulons atteindre notre destination avant la nuit.

Hop! Un coup de bus … Ouman. Dégringolant du bus, nous courons. J’arrive au Tsioun le premier (le zèle donne des ailes), me précipite pour obtenir une place sur la pierre tombale et entame  Tikoun haKlali…

Maintenant, je comprends la vie: voir, sentir, je n’ai plus peur, ni de moi-même. « Le monde entier est un pont très étroit, l’essentiel est de ne pas avoir peur !… On n’atteint la véritable joie qu’en ne regardant que ce qu’il y a de bon en soi, en autrui et en toute situation ».

Quelle émotion! Quelle grandeur! Ce petit juif que j’étais, redevient le « Fils du Roi ».

Avant sa disparition, Rabbénou prit deux témoins, et devant un Séfèr-Tora, prononça un serment que personne n’avait jamais osé faire: « Lorsque mes jours seront épuisés, après ma disparition, celui qui viendra à l’endroit de ma sépulture, y récitera les dix psaumes et donnera une pièce à la Tsédaka, même si ses péchés sont lourds et nombreux, D.ieu préserve, alors je m’efforcerai et m’étendrai en long et en large, afin de le sauver et le réhabiliter. Je le tirerai de l’enfer par les péot, peu importe qui il est et ce qu’il a fait. » .

Bienheureux sois-tu, Israël, d’avoir un pareil Rebbe.

Alors, on se retrouve?…

Meir Hadad /   shabat.breslev@gmail.com

Ouman Roch Hachana 2016

 

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