Paracha Kitissa : l’humilité, un dur équilibre

Posté par  admin   à        dimanche, avril 7, 2019     230 Views     Laisser vos impressions  

On entend beaucoup parler de l’humilité mais on ne saisit pas toujours bien sa définition. Le commentaire de Rabbi Nathan sur un passage de notre paracha Ki Tissa va nous aider à mieux saisir cette notion aussi essentielle mais mal comprise.

 

Que dit la paracha ?

 

Dans le début de la paracha il est écrit   “Ahachir lo yarbé ve hadal lo yamit mi mahatsit hashekel”  : le riche ne doit pas rajouter par rapport à la valeur du ma’hatsit hachekel et le pauvre ne doit pas donner moins .

On comprend de façon littérale que Dieu veut que chaque membre du peuple d’Israël donne un demi sicle ni plus ni moins et ce, quel que soit ses moyens. Ce ma’hatsit hachekel est la pièce que Dieu a voulu que Moché Rabbénou collecte afin de compter les Bné Israël tout en les protégeant du mauvais oeil et en leur permettant d’expier leurs fautes par ce don qu’ils auront fait.

 

Quel est le sens profond ?

Rabbi Nathan rentre dans la profondeur du texte , il nous dit : “le riche  doit donner sans faire preuve de grossièreté” .

En effet, un riche qui constate la situation difficile d’un pauvre, doit ressentir vis à vis de lui une véritable compassion et lui donner tout ce qui lui manque. Car s’il lui donne, mais sans pouvoir pleinement à ses manques, c’est qu’il pense quelque part que l’argent qu’il a lui revient et qu’il le mérite plus que ce pauvre et qu’il est donc normal qu’il choisisse de le garder bien qu’il pourrait encore donner.

 

L’humilité du riche :

 

C’est les sens du mot « marbé », le riche ne doit pas être aveuglé par sa grossièreté. Il doit être humble c’est à dire, admettre que toute la richesse qu’il possède c’est Dieu qui le lui a donnée. Et ce, non pas parce qu’il est mieux que le pauvre  ou parce qu’il la mérite plus que lui, mais juste pour éprouver le riche et voir s’il se montrera humble et compatissant en donnant au pauvre pour le sortir véritablement de sa situation difficile.

Le riche aide le pauvre mais il s’aide aussi lui-même, car c’est au travers de ce don qu’il pourra se débarrasser de l’orgueil qui guette toute personne aisée.

 

L’humilité du pauvre :

 

Le pauvre quant à lui est dans une situation voisine de l’humilité. Une personne humble peut s’apparenter à un pauvre, puisqu’il est conscient que tout ce qu’il a vient de Dieu et donc ne lui appartient pas vraiment. Mais  les difficultés et les souffrances peuvent l’écraser et le plonger dans une situation de faiblesse mentale et d’étroitesse d’esprit dans laquelle il va s’amoindrir en tant que personne et c’est à ce sujet que le pasouk vient préciser  “ha dal lo yamit”, “que le pauvre ne doit pas diminuer en occurrence” il ne doit pas “se” diminuer à ses yeux en tombant dans ce que l’on appelle une fausse humilité qui consiste à se déconsidérer et à penser du mal de soi-même, ce qui entraîne une faiblesse d’esprit.

 

L’équilibre :

 

La véritable humilité se trouve dans un équilibre difficile à atteindre  : d’un côté avoir conscience que ce que nous possédons nous vient de Dieu, et de l’autre , être habité par une force, un courage, une audace pour faire face à toutes les situations de la vie, toutes les épreuves sans jamais tomber.

Le mot “Shekel” est voisin de “mishkal” qui veut dire équilibre en hébreu et “ma’hatsit”, la moitié.  C’est aussi la notion de milieu ou de point d’équilibre entre une chose et une autre. Le riche en s’abaissant pour regarder la situation du pauvre va, d’une pierre deux -coups, l’empêcher de chavirer dans la faiblesse d’esprit et aussi dissiper toute trace d’orgueil en lui.

C’est pour ça que Rabbi Nahman conclut à ce sujet qu’en donnant la tsédaka “ze yachpil vé zé yarim” :  quand nous donnons, nous nous abaissons et ainsi devenons plus humbles et en même temps, nous relevons tous ceux dont le fardeau de la pauvreté a emmené à tort à se sous estimer.    

 

Chabbat Chalom

 

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