Paracha Mikets : le piège de la course à l’argent

Posté par  admin   à        jeudi, décembre 14, 2017     668 Views     Laisser vos impressions  

La Paracha avec Rabbi Nahman
La richesse fait rêver.
Qui ne désire pas l’abondance ? On pense à tort qu’elle nous met à l’abri des épreuves. L’argent fait partie des passions dont il est le plus difficile de sortir. Au début on se lance dans une entreprise pour gagner  sa subsistance. Puis, cherchant à « se mettre à l’abri » d’un avenir incertain on multiplie les efforts pour amasser plus d’argent… et on y parvient parfois. On pensait à tort, qu’arrivés à un certain niveau d’aisance matérielle, on pourrait ralentir la cadence pour profiter de ce que nous avons. Malgré tout, nous sommes mus par une véritable frénésie pour gagner toujours plus.
Combien tombent aujourd’hui dans cet engrenage infernal ?  
On court après l’argent, on arrive à le gagner. Mais, même si une personne a déjà accumulé un beau capital, elle n’est pas rassasiée, mais au contraire, affamée. Quand une telle fièvre s‘empare d’un juif, sa vie devient encore pire que celle d’un pauvre. De même qu’un pauvre peine pour chercher de l’argent afin de rassasier sa faim, le riche qui est pris dans les mailles de sa passion pour l’argent court pour apaiser sa boulimie. C’est un piège dont il est extrêmement difficile de sortir nous avertit Rabbi Nahman.
Le rêve de Pharaon, écrit Rabbi Nathan* est une illustration de ce phénomène.
Yossef dans l’interprétation qu’il donne à Pharaon de son rêve, explique que les 7 vaches grasses représentent des années d’abondances et les 7 vaches maigres des années de famine.
Rabbi Nathan nous révèle que c’est ce qui arrive à tout celui qui est pris dans la course à l’argent.
Les années d’abondance, c’est à dire de richesse deviennent des années de famines. Même si la personne possède une immense fortune elle a une sensation constante de faim comme lors d’une famine, la « faim d’argent », et de la même façon que dans le rêve de pharaon les vaches maigres finissent par manger les vaches grasses. Cette impression de manque et d’appétit sont celles qui vont dominer celle de bien être et de sérénité que pourrait générer une situation d’abondance.
« Celui qui multiplie les affaires multiplie les inquiétudes » ( Pirké Avot ).
C’est donc une vie d’angoisse et d’inquiétude qui attend celui qui se lance dans la course à l’argent. Un seul remède à cette maladie qui dévaste nombre de juifs dans notre génération : se rapprocher du Tsadik de la génération, qui à l’instar de Yossef va donner tous les conseils pour la guérison complète.
En l’occurrence le moyen le plus puissant qu’à un juif d’atténuer le feu de sa passion pour l’argent est de donner la tsédaka. Dans notre paracha Yossef conseille à Pharaon de prélever le HOMECH 1/5 de toutes les récoltes. « Homech » c’est la fameuse proportion limite qu’ont fixé nos sages concernant le masser.Rabbi Nathan nous enseigne que derrière ce conseil se cache ce que préconise le tsadik pour que l’abondance accumulée pendant les 7 premières années ne se transforme pas en 7 années de famine.
Utiliser son argent avec intelligence
Il n’est ni interdit ni mal d’être riche ou de gagner de l’argent. Il s’agit juste de comprendre que celui qui reçoit doit donner une partie de ce qu’il reçoit. L’argent que l’on possède a impact sur nous selon comment nous l’utilisons. Si nous l’utilisons pour aider les autres et révéler Dieu alors il nous aidera à nous rapprocher de Lui mais si nous l’investissons avec des visées purement personnelles et égoïstes alors jamais il ne nous donnera une sensation de contentement. Au contraire nous serons affectés par un très dur virus. 
En effet il existe une autre misère que celle de ne pas avoir assez d’argent. C’est celle qui consiste à en avoir assez, voir même en grande quantité, et courir comme un véritable fou pour en amasser encore plus. Cette épreuve là est bien plus grave que la pauvreté matérielle, car ceux qui la vivent ont un sentiment de manque et de souffrance permanent, rien ne les apaise, ils sont obsédés par le gain et plus ils acquièrent de richesses plus ils ressentent le besoin d’en acquérir de nouvelles.  Aveuglés ils négligent et délaissent femmes, enfants et amis. Il se trouvent toujours de bonnes excuses pour justifier aux yeux de leurs proches leur course insensée. Ils ont peut être des comptes avec plein de 0 mais ils vivent comme de parfaits esclaves dans une solitude et une tristesse extrême. Rien ne peut les consoler si ce n’est quelques billets de plus.
L’unique espoir pour sortir de cette tourmente est de trouver le Yossef de leur génération et de suivre ses instructions à la lettre.
Shabbat Chalom et Hanouka Sameah 
Aharon Chetrit
* Likoutey Halakhot, Birkat Hamazone 4

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