Paracha Toldot: Essav, le faux religieux

Posté par  admin   à        jeudi, novembre 16, 2017     733 Views     Laisser vos impressions  

La Paracha avec Rabbi Nahman

La paracha de la semaine nous met face à une question fondamentale concernant Essav.
Essav est issu de parents tsadikim qui sont Rivka et Itzhak. Il a donc forcément étudié la Torah de son époque, celle enseignée dans les maisons d’étude de Chem et Ever. Comment est-il possible qu’il soit sorti du droit chemin ?

Essav un potentiel non exploité
Nos sages nous disent qu’Essav avait pourtant le potentiel pour devenir un grand tsadik et suivre une destiné semblable à son frère Yaakov.

Le cas d’Essav nous rappelle ce que nous dit la guémara : si une personne a du mérite, alors la Torah qu’elle étudie sera pour elle un élixir de vie mais, si elle n’en n’a pas, elle devient un élixir de mort. Difficile de croire qu’en empruntant un chemin de Torah il est possible de s’égarer à tel point…
Essav trompait son entourage et son père en particulier. Étant issu d’un milieu avec certaines valeurs, il voulait montrer sa réussite à son père en se faisant passer pour un tsadik. Mais en réalité, sa véritable intention n’était pas celle d’un tsadik qui désire soumettre sa volonté à celle de Dieu. Essav essayait de briller pour obtenir de son père ce qui l’intéressait et voulait arriver à ses fins pour donner libre cours à ses passions : manger, chasser, tuer et séduire des femmes.

L étude de la Torah sans intérêt, lé chem chamaim

La Torah et toute son étude n’étaient pas réalisées lé « chem chamaim », c’est à dire qu’il n’étudiait pas pour révéler Dieu. Cette étude servait de prétexte pour briller un peu plus , se faire valoir et profiter d’une certaine position. La Torah à la base est pure et son apprentissage est le seul moyen qui existe pour qu’un juif parvienne à se changer et améliorer ses traits de caractères. Mais, ceci est valable uniquement si la personne étudie de façon désintéressée. C’est à ce niveau que le mauvais penchant
attaque tous ceux qui sont impliqués dans l’étude de l’étude de la Torah. Il leur tend un piège invisible. Il est parfois très difficile pour la personne de réaliser qu’elle est tombée dans ses filets, car elle a du mal à faire le point sur ses véritables intentions.
Rabbi Nathan va même jusqu’à nous dire que la Torah nous demande d’être
« amélim » dans l’étude. Nous devons redoubler d’efforts pour que nos bonnes intentions ne changent pas et que nous ne nous engagions jamais dans l’étude dans le but de gagner de l’argent, recevoir des avantages ou des honneurs.

Être honnête avec soi-même

Le combat est difficile car chacun doit s’analyser avec objectivité et il arrive souvent que l’on se mente à soi-même. Essav était un religieux qui était tombé dans une « Torah de mensonge » où le seul but était d’assouvir ses instincts.
C’est bien le coeur du problème : toutes les personnes religieuses qui se sont détournées du vrai but l’ont été parce qu’elles se sont laissées déborder par leurs pulsions et leurs instincts. N’ayant pas la force de quitter leur milieu de vie elles restent dans le monde de la Torah et se mettent à poursuivre leurs désirs de façon effrénée .

Essav est décrit comme celui qui avait un “ gibier dans sa bouche” et comme un “homme des champs”. Le Kli Yakar nous fait une terrible révélation. « Le gibier » dont parle la Torah ce sont les femmes. Essav était un chasseur de femmes et il s’est fait appeler “homme des champs” car c’est dans les champs qu’il les emmenait pour se cacher. Ainsi personne ne pourrait les entendre si elles venaient à se débattre et à crier.

Rabbi Nathan nous enseigne que toutes les destructions de notre histoire ont pour origine le fait qu’une partie du peuple se soit détournée de l’étude lé chem chamaim, comme pour la faute du veau d’or, où le fameux erev rav a entraîné une partie du peuple dans la chute.

La pureté des moeurs 

La cause de cet égarement est généralement lié à un problème dans le respect de l’alliance, c’est à dire que les pulsions sexuelles et les mauvais désirs entraînent les gens en dehors de la maison d’étude. Pire encore, parfois certains restent étudier, mais habités par des pensées et des intentions malsaines.

Le Kli Yakar nous révèle que Yaakov était “ tam “, intègre, car il est né circoncis. Dès sa naissance il a vécu dans une perfection et une harmonie spirituelle liées à sa retenue et à sa maîtrise dans le domaine de l’alliance.
La Torah nous dit que Yaakov était « Ich Tam yochev hoalim » , « un homme simple assis dans les tentes ». Elle nous dévoile ainsi un grand secret car ce verset juxtapose Tam et Yochev hoalim. Ainsi, celui qui est intègre, c’est à dire qui, comme Yaakov, s’écarte de la passion des femmes, méritera de s’asseoir dans la tente, qui symbolise la maison d’étude et pas n’importe laquelle ; celle du tsadik de la génération.
A l’époque de Yaakov, c’était celle de Chem et Ever et aujourd’hui, celle de Rabbénou Hakadoch, Rabbi Nahman de Breslev qui accueille en permanence tous ceux qui veulent déjouer les stratagèmes du Yetser Hara et apprendre à étudier lé chem chamaim.
Pas besoin d’adresse pour trouver cette yéshiva, car elle se trouve dans votre coeur à chaque fois que vous vous asseyez pour étudier les enseignements de Rabbi Nahman avec un désir sincère de les mettre en pratique.

Par Aharon Chetrit

Shabbat Chalom

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