Paracha Vayéra 1/2 : le bâton du Tsadik

Posté par  admin   à        vendredi, janvier 12, 2018     179 Views     Laisser vos impressions  

Moché et Aaron se trouvent devant Pharaon pour lui enjoindre de libérer le peuple juif. Dieu les avaient prévenus que lorsque Pharaon leur demanderait de lui montrer un miracle, Aharon devrait poser devant lui son bâton et qu’il se transformerait en serpent. En effet, Pharaon n’aurait pas bougé le petit doigt s’il n’était pas convaincu qu’ils étaient envoyés par un Dieu… puissant.

Aharon fit ce qu’Hachem lui avait demandé : le bâton se transforma en serpent. Pharaon nullement impressionné appela ses sorciers et ils emmenèrent plusieurs bâtons qui se transformèrent aussi en serpents. Puis, le serpent d’Aaron ainsi que les serpents des sorciers redevinrent bâtons. Enfin,coup de théâtre ! Le bâton d’Aaron “avala” ceux des sorciers.

De ce passage, nous allons tirer deux enseignements .Le premier, c’est que dans ce monde il existe des forces du mal, et elles sont là uniquement pour le libre arbitre nous dit  Rabbi Nathan. Hachem permet à des gens mauvais, à des sorciers d’avoir un pouvoir car il a créé ce monde pour que l’Homme puisse exprimer son libre arbitre. L’Homme est impressionné et attiré par deux forces, mais il n’arrive pas à distinguer celle qui correspond au bien. C’est pourquoi chacun devra s’efforcer de rechercher la vérité pour enfin pouvoir discerner le bien et le mal.

La mal peut avoir la même puissance que le bien, mais en apparence seulement. Les bâtons des sorciers se sont transformés en serpent, et  sont redevenus bâtons, tout comme le sien, mais à la fin, le bâton d’Aaron avale les bâtons des sorciers.

Cela relevait du miracle car c’est au delà de la nature et cela a été  démontré par la puissance du bâton d’Aaron. Le deuxième enseignement que nous tirons c’est donc que les forces du bien sont beaucoup plus grandes que celles du mal. Même si Dieu accorde un pouvoir aux forces du mal il n’est que relatif et passager. Les Tsadikim authentiques grâce à leur niveau de soumission à Dieu se voient accordés une possibilité immense pour dissiper toutes les forces du mal.  Moché et Aaron n’étaient que deux hommes en charge d’une mission compliquée, celle de sortir les Béné Israël d’Egypte en se mesurant à Pharaon et à son armée. Malgré tout, ce genre de Tsadikim qui se sont hissés aux plus hauts niveaux de sainteté méritent que Dieu manifeste sa puissance par leur intermédiaire.  

On retrouve cette faculté qu’ont les Tsadikim d’annuler et d’anéantir les forces du mal dans une des histoires du Baal Chem Tov (tirée du livre Chiv’hé HaBecht).  Quand il était jeune le Baal Chem Tov avait pour travail d’accompagner de petits enfants à l’ école. Sur la route il leur faisait chanter des louanges à Dieu. Les enfants juifs qui sont immergés dans la Torah ( tinokot chel beit Rabban) ont  un très grand niveau de pureté et leurs chants font grand écho dans les mondes supérieurs.

Le mauvais penchant ne l’entendait pas de cette oreille. Il est venu dans le monde dans la peau d’un sorcier puis s’est transformé en bête sauvage qui a attaqué le  Baal Chem Tov et les enfants sur le chemin. Ces derniers furent  effrayés et les parents n’ont plus voulu qu’ils continuent à aller avec le Tsadik. Le Baal Chem Tov retourna les voir pour les convaincre en leur disant qu’ils n’aient crainte parce qu’il s’occuperait de cette bête.

Les parents du Baal Chem Tov sont morts alors qu’il était très jeune, mais il s’est souvenu toute sa vie des mots que son père lui souffla avant de partir de ce monde : il lui dit : “surtout n’aie peur de rien ni de personne, ne crains que de Dieu”. Inspiré par ses mots, lui aussi se saisit d’un bâton. A nouveau sur la route avec les enfants qui se sont remis à chanter, l’animal sauvage n’a pas tardé à  se présenter devant eux et le Baal Chem tov le frappa avec son bâton sur le frond. La bête mourut et le lendemain on découvrit à sa place le cadavre du sorcier.

Lorsqu’un juif veut rentrer dans la sainteté et qu’il veut progresser dans sa téchouva, les forces du mal vont tout faire pour l’en empêcher. Il ne pourra réussir qu’en s’attachant à des Tsadikim authentiques du niveau de Moché Rabbénou, du Baal Chem Tov ou de Rabbi Na’hman car c’est grâce à eux, et aux pouvoirs que Dieu leur  a accordés que nous seront assurés que ces forces du mal ne nous atteindront pas.

En résumé, oui, le mal existe et il a un certain pouvoir, mais en même temps on doit garder à l’esprit que Dieu ne l’a mis dans ce monde que pour que le libre arbitre puisse s’exercer. Ce mal là n’est que relatif et il peut être annulé complètement par l’immense sainteté des Tsadikim qui ont déjà gagné le combat contre lui, en tous cas à l’intérieur d’eux mêmes. Grâce à ces Tsadikim authentiques, nous trouverons l’aide nécessaire pour gagner notre combat.  

Il ne nous reste donc plus qu’à prier très fort pour que Dieu nous aide  à les trouver dans notre génération.

Shabbat shalom 

Aaron Chetrit

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