Paracha Vayechev : même un tsadik peut se tromper

Posté par  admin   à  ,       jeudi, décembre 7, 2017     1097 Views     Laisser vos impressions  

La Paracha avec Rabbi Nahman

Le rêve qui mène à la haine

Au début de la paracha, Yossef  fait un rêve qu’il raconte à ses frères. Dans ce songe, leurs 11 gerbes de blé s’inclinent devant la sienne. Immédiatement, ils comprennent que Yossef veut insinuer qu’il règnera sur eux, et qu’il est un tsadik dont le niveau est plus élevé que le leur.

Cette annonce va faire naître chez eux une jalousie, sentiment déjà exacerbé car leur père Yaacov, avait une préférence pour Yossef .

Tout cela a emmené les frères à comploter contre lui pour le tuer et cela a finalement conclu à sa vente aux Ishmaélites qui l’emmenèrent en Egypte.

Yossef, deviendra le bras droit de Pharaon, Roi d’Egypte, et homme le plus puissant du monde de l’époque.

Il fera par la suite lui-même en sorte que ses frères réalisent leur erreur, et fassent téchouva.

Ce rêve s’est avéré juste, et la Torah nous confirme que Yossef est un tsadik plus grand que ses frères.

 

Selon quels critères un tsadik va-t-il se distinguer des autres ?

Le premier est défini par  la capacité d’un Tsadik à être Kadoche, saint, de se préserver des mauvais moeurs, et de se séparer de la faute. On se rappelle de l’épisode où la femme de Potiphar, le maître de Yossef, a tenté par tous les moyens de séduire ce jeune homme, et ce pendant 12 ans, tous les jours. Yossef est parvenu à résister à cette grande tentation, il a pu ainsi s’élever, et il mérita que la Torah l’appelle Yossef “Hatsadik”.

Le deuxième critère est caractérisé par le niveau de perception de compassion de Dieu.Les tsadikim qui discernent cela, parviennent à faire des prières très profondes et intenses, et obtiennent auprès de Dieu des annulations de décrets pour le Am Israël. Il faut savoir qu’il existe des tsadikims plus grand que les autres.

A l’époque de Noa’h, il y avait une sentence de destruction totale de la race humaine. Noa’h a fait ce que Dieu a demandé, construire une arche. Néanmoins on lui reproche de ne pas avoir prié pour la génération, car lui aussi avait un certain niveau, mais il n’avait pas saisi qu’il pouvait demander à Dieu d’annuler ce décret. 

Avraham, est allé plus loin que lui, puisque lorsque Dieu voulait détruire Sodom et Gomorrhe, il a tout de même prié, même si sa prière n’a finalement pas abouti. Il était en cela plus “élevé” que Noa’h. Après la faute du veau d’or, Moché Rabbénou, s’est mis à implorer Hachem pour que le peuple ne soit pas anéanti. Il a finalement obtenu les faveurs de Dieu.

A la lecture de ces exemples, on peut dire qu’il y a bien un niveau, et un rôle spécifique que Dieu donne à ces Tsadikim : celui de protéger le Am Israël et d’agir comme un avocat auprès d’eux. Avraham est plus élevé que Noa’h, et Moché Rabbénou, plus encore qu’ Avraham et Noa’h.

Cette grandeur vient du fait qu’ils ont réussi à capter l’infinie compassion de Dieu et à aller jusqu’au bout de l’argumentation avec le créateur.

Le Tsadik, un pont vers Dieu

Enfin, le troisième critère est la capacité du Tsadik à rapprocher les juifs de Dieu et de la Torah. Yossef était un spécialiste dans ce domaine.

Il faisait des jeux d’enfants avec ses frères, et réalisait la volonté de Dieu. Rabbi Nathan explique qu’il avait pourtant 17 ans, ( guématria tov, bon) mais il était déjà tsadik depuis sa jeunesse, en rentrant dans les enfantillages de ses frères il souhaitait  se mettre à leur niveau pour qu’ils l’acceptent et qu’ils puissent ainsi plus facilement les influencer dans leur progression spirituelle.

Le prénom Yossef, contient  cette fonction.Quand Dieu a ajouté un enfant à Rahel, elle dit “Assaf li ben”, “Il m’a rajouté un enfant”.Il y a dans l’essence de son nom déjà mentionné la capacité de rajouter des enfants.Un tsadik qui enseigne la Torah à une personne et lui fait faire téchouva, c’est comme une nouvelle naissance. C’est un nouveau juif, un bébé qui commence une nouvelle vie.

Chez les tsadikim, c’est une action très importante : plus ils parviendront à ramener de baalé tchouva, plus leur niveau sera élevé.

Une question se pose tout de même : si un tsadik est au dessus de tous dans la génération et qu’il a tellement de capacités pour transformer le mauvais en bon, qu’il possède une splendeur évidente, pourquoi tous les juifs de la génération ne le suivent ils pas ?

Le libre arbitre et l’opposition 

Dieu a donné le libre arbitre, et si cette manifestation de réussite du tsadik est si avérée, il faut créer en face un équilibre, le libre arbitre, d’où l’existence de “l’opposition”. Dans chaque génération, il existe des personnes, parfois même d’autres tsadikim qui  seront en désaccord avec le tsadik le plus élevé et lui fera une mauvaise réputation.

Comment une telle contradiction peut elle avoir lieu? Comment un tsadik peut il s’opposer au tsadik leader de la génération, celui qui se rapproche Dieu de façon complète et parfaite ?

Rabbi Nahman, explique, que c’est le travail du yetser ara. Les gens seront ainsi désorientés et ne sauront plus vers qui se tourner. Il y aura par ce fait,  une possibilité de “mérite”, de recherches et de prières intenses pour que la personne arrive à trouver la porte de sortie. Le yetser ara rentre dans le coeur de ces tsadikim opposants, et leur fait croire qu’ils doivent attaquer le tsadik et être contre lui.

C’est exactement ce qu’il s’est passé dans notre paracha. De même, à l’époque du Roi Shaoul, lui aussi était animé d’un sentiment de jalousie et n’a pas supporté la concurrence avec David. Il s’est mis à le poursuivre alors qu’il était lui même un grand tsadik, sans conteste, tout comme les frères de Yossef qui étaient des tsadikim, chefs des tribus d’Israël.

Il est possible d’être un grand  tsadik, de ne pas voir tout de manière juste, ni reconnaître l’essentiel : l’identité du grand tsadik, celui qui donne l’espoir à tout israël, et poussera les gens à progresser,  à sortir de torpeur spirituelle, à les délivrer des problèmes qui les bloquent dans les domaines tels que le shalom bait, l’éducation….

Le Tsadik de la génération, c’est celui qui donne de vraies solutions pour nous aider à trouver plénitude, sérénité, bonheur, et faire face à toutes les épreuves de la vie d’un juif.

Shabbat shalom à tous 

Aharon Chetrit

 

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