Paracha Vayehi : la conscience parentale

Posté par  admin   à  ,       dimanche, janvier 13, 2019     877 Views     Laisser vos impressions  

 

La paracha Vayehi clôture le livre de Berechit qui est appelé le livre des Hommes Intègres. Avant de mourir Yaacov voulait dévoiler la fin des temps à ses fils. Il espérait qu’après la galout d’Egypte, le monde serait arrivé à sa réparation finale. Mais, Hachem en décide autrement, et l’Esprit de Prophétie le quitte. Il s’inquiète en pensant que peut-être ses fils n’ont pas eu le mérite ? Mais ils le rassurent en s’exclamant : « Ecoute, Israël… » « Nous avons comme toi Un seul D. dans notre cœur ».

Yaacov comprit que le déroulement de l’histoire était entièrement entre les mains d’Hachem et il décide de les bénir. Lorsque Yossef apprit que son père était malade, il lui amena ses enfants pour qu’il les bénisse. Bien que Yaacov les connaisse il lui demanda : « Qui sont-ils ? » Au moment de les bénir, Yaacov eut un doute parce qu’il vit dans un esprit prophétique que des rois mécréants descendraient des fils de Yossef. « Qui sont ces impies dans leur descendance ? » Yossef lui répondit simplement : « Ce sont les fils qu’Hachem m’a donné ». Aussitôt Yaacov décida de les bénir. Qu’importe qui ils sont, si Hachem a décidé qu’il en serait ainsi. Il est impossible de comprendre que des tsadikim peuvent avoir des enfants impies, et aussi le contraire, que des réchaym peuvent avoir des enfants tsadikim.
Comme nous l’explique Hazal, la Torah contient toute l’histoire du monde, des hommes et de toutes les âmes. Yaacov, Yossef, Moshé, chacun pensait vivre la délivrance finale mais elle était encore bien loin. Nous sommes après Yossef, plus de trois mille ans cinq cents ans, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Yaacov ne dévoile pas la fin des temps à ses fils, mais il leur révèle que chacun possède dans ses qualités positives ou négatives, des germes qui se développeront dans leurs descendances.
Chacun peut ressentir plus ou moins le poids du vécu de ses ancêtres dans sa vie. Le caractère, le choix de vie, les changements volontaires ou pas qu’ont vécu les générations précédentes influencent très fortement la vie d’un individu jusqu’à lui imposer un scénario de vie qui lui donne peu de possibilités de choix ou d’actions. La Torah dans le livre de Chemot nous prévient bien de cette loi qui agit à double tranchant :  »Hachem fait payer les dettes des parents sur les enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération et rétribue le bien jusqu’à la millième ».

A l’aube de la fin des temps, il y a comme une prise de conscience dans l’air qui se traduit par un malaise. La psychologie appelée transgénérationnelle propose de libérer les individus du poids psychologique qui est l’héritage de l’histoire familiale. Un problème non résolu par un arrière grand -parent ou autre dans la constellation familiale risque de se reproduire dans les générations prochaines jusqu’à ce qu’il soit reconnu et solutionné. Mais ne serait-ce pas une illusion que de penser atteindre le nœud d’une épreuve dont la complexité nous échappe ? Cette approche nous laisse enfermer dans la compréhension d’un monde évoluant dans une relation de cause à effet et dépourvu de la Présence Divine.

Nous sommes tous le fruit des actes de nos ancêtres qui remontent jusqu’à Adam Harichone. La responsabilité des fautes de nos pères depuis la consommation du fruit défendu et de l’érection du veau d’or rejaillit à chaque génération. Rabbi Nahman nous prévient qu’il est impossible de savoir où est le commencement des choses. Jusqu’où faudrait-il remonter et par quel fil conducteur pour retrouver la racine d’une problématique ? Dans les prières qu’ont instituées nos Sages, Hachem est appelé :  »Koré hadorot » Il est le Seul à sonder les générations et à détenir le tenant et aboutissant de chaque âme dans son parcours sur terre.
Rabbi Nahman nous explique que le commencement de chaque chose est là où l’individu se trouve dans le moment présent. Faire abstraction du passé proche ou lointain et vivre le présent comme le début d’une nouvelle vie. Il n’est pas facile d’atteindre ce sentiment de commencement au milieu d’une vie. Rabbi Nahman nous donne aussi les conseils pour y arriver : s’attacher au tsadik ysod olam qui connait la source de chaque âme. Imaginer un tremblement de terre. Les premières instructions que l’on donne aux individus pour se protéger c’est de se placer près d’un mur de fondation parce qu’il a moins de possibilités qu’il s’effondre, ou encore sous les poutres d’entrée, là où se trouve la mezouza. C’est sur le tsadik ysod olam, le pilier du monde, que nous devons nous appuyer. Il nous relie à notre source, chose qui nous est impossible de faire surtout lorsque nous sommes arrivés à la fin des fins que Rabbi Nahman appelle le « kets hapelaot », la fin des merveilles.

Et ce n’est que de cette manière qu’il sera possible de relier la fin au début et le début à la fin pour que la création se fonde dans l’Unité d’Hachem.
Chabbat chalom
Esther Tangi

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