Paracha Yitro : la conscience parentale

Posté par  admin   à  ,       lundi, janvier 28, 2019     606 Views     Laisser vos impressions  

Comment faire le lien avec tou bichvat, la traversée de Yam souf et matan Torah ? Hazal nous enseignent qu’au moment même de la traversée les Bnei Israel ont cueilli des fruits d’arbres fruitiers qui se trouvaient là de façon miraculeuse.
L’homme est appelé l’arbre du champ. C’est-à-dire que dans le monde végétal, l’arbre est le plus ressemblant à l’homme. Comme le Maharal précise l’homme est un arbre dont les racines sont dans le ciel. Gan eden et yam souf ont la même valeur numérique (les lettres finales) comme si ce passage de la mer était un retour au gan eden, là où la première faute eut lieu et justement avec un le fruit d’un arbre.
Retournons à la création : la terre ne remplit pas la volonté d’H. qui devait produire un arbre dont l’écorce serait comme le fruit. La terre n’accomplit pas ce commandement sauf pour l’arbre de la connaissance. On peut comprendre comment un tel arbre aussi spécial était séduisant. Il fut l’embuche qui fit fauter Hava. Hazal expliquent qu’après la faute d’Adam, la terre reçut sa punition : il poussera aussi des épines et échardes. Toutes les klipot proviennent de la faute. Elles cachent l’essentiel, le fruit. Rabbi Nahman explique que la terre c’est la foi. La faute commence avec un manque de foi qui provoque une séparation entre Hachem et les créatures. Dans ce monde-ci, il y a l’arbre et l’écorce, différente du fruit, le bien et le mal sont mélangés. Le retour à la terre c’est le retour à l’unité, à la foi intègre à condition de s’y annuler. La graine doit pourrir et se décomposer dans la terre pour que puisse pousser un arbre. Ainsi la vérité de chacun doit être enterrée, se décomposer pour qu’elle puisse repousser avec une foi intègre. Comme il est écrit dans les psaumes que la vérité poussera de la terre.
Après l’expulsion, le gan est gardé par l’épée qui nous empêche l’accès à l’arbre de la vie. C’est la situation dans laquelle nous sommes :nos chemins de vie sont remplis de difficultés, de mensonge, de tentations et d’imaginations.
La mer est appelée daat, comme il est écrit que la terre sera remplie de daat comme l’eau remplit la mer. La traversée de la mer, c’est entrer dans le daat comme le retour au gan eden.

Hachem nous y transporte pendant quelques minutes, le temps de proclamer Sa royauté pour l’éternité, mais après les portes se referment, comme la mer, et très vite on retombe dans la réalité du monde matériel où Hachem se cache. A tou bichevat, la sève monte dans les arbres, la nature s’éveille. Ainsi l’homme doit s’éveiller d’en bas, faire monter en lui le désir de s’approcher d’Hachem.
Et l’éducation dans tout ça ? C’est revenir à l’essentiel. A tou bishvat c’est le moment d’observer et réfléchir sur le processus de la naissance des fruits. La montée de la sève, l’essence et l’essentiel de l’arbre pour qu’il donne des fruits. Créer un éveil d’en bas c’est donner à l’enfant la motivation.
La sortie d’Egypte, la traversée de la mer, Matan Torah sont comme on le sait, les trois phases d’évolution d’un individu : la naissance, la bar ou bat mitsva (l’ado) et le mariage.

Pourquoi Hazal nous précise que même une servante s’est élevée au niveau du plus grand prophète qu’était Yehezkiel ? Parce qu’à l’âge de l’adolescence il faut créer une motivation au maximum. Hachem ne fait aucune différence entre les hommes les femmes, le simple le haham, tout le monde est égal et a en lui le même potentiel. En donnant confiance à l’enfant dans ce qu’il peut devenir on lui donne la motivation. Rabbi Nahman explique qu’il est encore dans les mohines dékatnout, la petitesse, comme la servante, mais il peut arriver au mohines dégadlout, la grandeur d’esprit, à matan Torah et faire un mariage dans l’union parfaite.

Matan Torah est une nouvelle conscience qui descend dans le monde et le transforme complètement. Comment Hachem a-t-il insufflé à une servante la motivation d’arriver à cette nouvelle conscience ? Autant les miracles de la sortie d’Egypte et de la traversée de la mer ont ancrés en nous la foi en Hachem et Moshé, autant ils nous ont prouvé combien Hachem avait foi et confiance en nous. C’est avec cette même confiance et conscience que le parent insufflera à son enfant la motivation d’arriver à la réalisation de son potentiel. Ainsi « Il sera comme un arbre planté au bord de l’eau, qui donnera des fruits en son temps, dont les feuilles ne flétriront pas, et tout ce qu’il fera réussira. » (Psaume 1)

Esther Tangi

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