Pour un quignon de pain sur la table

Posté par  admin   à        mercredi, novembre 4, 2015     586 Views     Laisser vos impressions  

Petite histoire relatant à quel point le shalom bait est un pilier qu’il faut chérir et préserver.

Daniel a appris une grande nouvelle : lorsque nous prononçons les bénédictions d’après le repas (le Birkath Hamazone), il est bien de laisser le pain sur la table. Cela représente l’abondance que nous voulons continuer à recevoir du Ciel dans le futur.

Pas plus tôt son repas terminé, Daniel commence à réciter avec ferveur les bénédictions, en regardant le pain qu’il a laissé sur la table et qu’il s’est promis de ne plus oublier les prochaines fois. Daniel imagine que ses difficultés à trouver un gagne-pain sont sans doute liées à l’absence de pain sur la table – jusqu’à ce jour – lorsqu’il remerciait D-ieu de l’avoir nourri.

Au beau milieu de la récitation, la femme de Daniel remarque le pain sur la table et – croyant à un oubli – l’enlève aussitôt afin de le ranger à sa place dans la cuisine. Daniel avait oublié de prévenir sa femme de cet aspect de la halakha (loi juive) !

Apercevant sa femme commettre ce geste incroyable, Daniel essaie de lui faire comprendre qu’elle ferait mieux de le laisser. Rien n’y fait : Daniel ne peut pas parler – il récite les bénédictions – et sa femme le regarde d’un drôle d’air, en se demandant qu’elle mouche a subitement piqué son mari pour qu’il fasse des gestes incompréhensibles. Le sang de Daniel ne fait qu’un tour et à peine a-t-il fini sa récitation qu’il laisse aller sa colère à l’encontre de sa femme qui ruine ses efforts pour gagner leur vie d’une façon honorable.

Amener notre entourage vers la Sainteté

Pour un morceau de pain, Daniel a rompu l’harmonie qui régnait entre lui et son épouse. En agissant de la sorte, il a commis une erreur de jugement : son rôle consiste à amener son entourage vers la Sainteté, plutôt que d’amener la Sainteté à son entourage.

La différence est de taille. Dans le premier cas, on se fixe comme objectif de rapprocher les personnes qui nous entourent vers un niveau supérieur de Sainteté. Chaque individu étant différent, celui-ci s’en rapprochera vite tandis que celui-là prendra son temps. Peu importe : le travail du chef de maison est d’aider les gens qu’il aime à s’élever spirituellement en leur donnant les informations dont ils ont besoin. Par la suite, chaque personne retiendra et fera ce qu’elle voudra.

L’autre attitude consiste à penser que notre entourage doit se plier à une discipline stricte afin d’être reçu dans le club select des aimés de D-ieu. À l’image de l’université dans laquelle il est impossible d’entrer sans une moyenne minimale, on pense quelques fois qu’il existe un minimum à atteindre pour être accepté-e aux yeux du Créateur.

Dans le cas de Daniel, il aurait dû penser que sa femme avait le temps d’apprendre –quelques minutes plus tard – qu’il est préférable de laisser le pain sur la table à la fin du repas. Comment D-ieu pourrait-Il lui en vouloir d’ôter ce précieux produit tant qu’elle ne possède pas les informations nécessaires pour lui faire prendre la décision de le laisser ?

L’énervement n’est jamais une bonne chose, même lorsque celui-ci prend l’aspect d’une bonne cause. Nous avons toujours le temps de discuter par la suite et d’éclaircir la situation. Le sourire de notre femme est plus important qu’une application immédiate et stricte de la halakha. Lorsqu’elle constatera que sa susceptibilité est mise en valeur de cette façon, une femme redoublera d’ardeur pour faire plaisir à son mari… et au Créateur.

Source : La pause-cafe

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