Rapprocher le fils de son père

Posté par  admin   à        lundi, avril 16, 2018     306 Views     Laisser vos impressions  

La charité que l’on prodigue aux Justes authentiques est d’une valeur inestimable. À quoi la chose ressemble-t-elle ?

À un fils qui s’est éloigné de son père. Chacun d’entre eux se languit éperdument de l’autre. Un jour, le père décide d’aller voir son fils et le fils fait de même. Chacun d’eux se met en route. Et plus ils se rapprochent l’un de l’autre, plus leur désir respectif de se revoir devient ardent. Et ils continuent leurs routes l’un à la rencontre de l’autre, jusqu’à ce qu’un kilomètre seulement les sépare.

Or, le père se rend compte qu’il se languit à un tel point de revoir son fils, que s’il se laisse aller à ses alanguissements, il n’aurait pas la force de supporter davantage le brûlant désir du kilomètre restant. Et le fils ressent la même chose. Il n’est pas capable de parcourir encore ce kilomètre le séparant de son père et de supporter davantage le désir lancinant de le revoir, de peur qu’il ne rende l’âme, que Dieu préserve. Aussi, chacun de son côté décide de se débarrasser de toutes ses langueurs et de les chasser de son esprit. Entre-temps, arrive un cocher avec sa charrette qui enlève le fils et l’emmène vers son père à toute vitesse. Imaginez l’immense plaisir que cet homme a procuré au fils et au père si désireux de se revoir.

Telle est la relation entre Dieu et le Juste qui peut être considéré comme un fils vis-à-vis de son Créateur. En raison de l’écran qui le sépare de Lui, le Juste s’est éloigné de son père, et Dieu se languit de Son fils. De même, le Juste aspire ardemment à se rapprocher de Dieu. Et alors qu’ils se rapprochent de si près jusqu’à qu’une faible distance les sépare l’un de l’autre, ils comprennent que leur aspiration mutuelle est si grande qu’ils ne sont plus en mesure de la supporter. Aussi, décident-ils d’un commun accord, de cesser de se languir l’un de l’autre. Dieu se dit la chose suivante : « Est-ce que Je n’ai rien d’autre à faire ? Je possède plusieurs mondes, etc. » Le Juste, pour sa part, se tient le langage suivant : « Est-ce là ma seule préoccupation (à savoir, se languir) ? J’ai bien d’autres choses à réaliser, mettre les Tsitsith (vêtement à quatre franges), les Téfiline (les phylactères) et accomplir les autres commandements de la Thora. » Chacun, pour ces bonnes raisons, accepte de mettre fin à cette attente languissante. Entre-temps, surgit un homme d’Israël avec sa charrette qui apporte au Juste de quoi subsister. Grâce à cela, il le rapproche de Dieu et fait en sorte qu’il arrive jusqu’à Lui. Car en assurant au Juste les moyens de subsister, on lui permet de se nourrir de nourritures spirituelles. Il ressort de là que, pour le grand Juste authentique, le gîte et le couvert ne sont pas seulement d’ordre matériel, mais surtout d’ordre spirituel. En effet, le Juste permet à son âme de se remplir des « limpides lumières » qui vont dissiper l’écran qui le séparait de Dieu et, de cette manière, il parviendra à connaître l’Éternel d’encore plus près.

Aussi, la satisfaction que cet homme a engendrée en soutenant le Juste authentique dans sa subsistance n’a pas de prix, puisqu’ainsi il lui a permis de se rapprocher de Dieu.

(Si’hoth Harane 24)

Conte tiré du livre « Il était une fois » aux éditions Le Kéren Rabbi Israël- France 

Pour commander ou consulter en ligne le livre :  http://breslever.com/books/preview/40

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