Reflets célestes: un conte de Hanouka par Rabbi Na’hman

Posté par  admin   à  ,       jeudi, décembre 3, 2015     1523 Views     Laisser vos impressions  

Lumières et rires d’enfants heureux, qui dissipent l’obscurantisme de nos ennemis. Ronde de toupies multicolores et saveur inégalée de nos petits beignets. Eh, oui! C’est ‘Hanoukah Saméa’h !…

Chers amis, Fête des Lumières n’est pas coutume, je vous propose un récit fascinant – une prophétie, que le Rebbe raconta le premier soir de ‘Hanouccah 5569, après l’allumage des Flammes Sacrées:

C’était la première nuit de ‘Hanouccah, après l’allumage des Lumières. Un visiteur imprévu entra chez quelqu’un, et se mit à le questionner : « D’où provient ta subsistance? ». L’homme: « Je n’ai pas d’entrées fixes, je me nourris de ce que me donnent les gens .» Le visiteur: « Quel est le propos de ton étude? » L’autre lui répondit. (et la discussion s’engagea ainsi).

Ils parlaient donc, et en vinrent à aborder des sujets profonds, tout droit sortis du cœur. L’homme soupirait, il ressentit des languissements, comment atteindre un tel niveau de sainteté? Le visiteur lut ses pensées et lui proposa: « Cela, je peux te l’apprendre! » L’hôte s’étonna, il se demanda: « Peut-être ce visiteur n’est-il pas humain? » Toutefois, il observait son interlocuteur et constata qu’il discutait comme le ferait une personne ordinaire.

En tout état de cause et la confiance aidant, il se fia à lui et se mit à l’appeler Rabbi. Il lui confia: « Je souhaiterais dorénavant apprendre de vous, comment me comporter à l’égard du respect que je vous dois, et bien entendu ne jamais contrarier votre honneur, l’Eternel m’en préserve. Néanmoins, il est difficile pour un être humain de rester sans cesse vigilant, aussi vous demanderais-je de m’enseigner comment agir à votre égard. » Le visiteur lui répondit: « Je ne dispose pas de temps actuellement, je reviendrai chez toi en une autre occasion et t’apprendrai cela. Pour le moment, je dois partir! »

L’hôte lui répliqua: « A ce propos aussi, je me dois d’apprendre de votre part. Sur quelle distance dois-je vous raccompagner? » Le visiteur lui dit: « Jusqu’après le seuil de ton logis. » L’homme en vint à penser: « Comment sortirais-je avec lui? Pour l’instant, je suis ici, avec lui, entouré de gens. Si je sors seul avec lui … Personne ne sait qui il est! » Il l’interrogea en lui avouant: « Je crains de sortir en votre compagnie. » L’invité objecta: « Puisque je puis t’apprendre ce que tu désires savoir, maintenant également, si mon désir était de te faire quelque chose, qui pourrait m’en empêcher? » L’hôte franchit donc avec lui le seuil de la porte.

Soudain, le visiteur – l’agrippant, s’éleva avec lui dans les airs. L’homme ressentait le froid. Le visiteur prit un vêtement et le lui tendit: « Prends cet habit, il te sera bénéfique, tu auras de quoi manger et boire, et tout le bien; et tu résideras dans ta maison. » Il s’envola avec lui.

Entre-temps, l’homme regarda et voilà qu’il se trouvait dans sa maison. Il n’en croyait pas ses yeux, et pourtant il se voyait chez lui, parlant avec des gens, mangeant et buvant comme à l’ordinaire. Puis, il regarda de nouveau et voilà qu’il volait dans les airs, comme précédemment. Il regarda encore, il se trouvait chez lui. Il regarda encore, il volait dans les airs. Cet état dura assez longtemps.

Puis, le visiteur le déposa entre deux montagnes, au creux d’une vallée. L’homme découvrit là-bas un livre sur lequel des combinaisons de lettres étaient tracées: אז »ח הוא ד’ וכו’. Dans le livre, on voyait des dessins d’instruments et, à l’intérieur des instruments, il y avait des lettres. On discernait également dans les instruments, les lettres désignant des outils avec lesquels on pouvait fabriquer ces instruments. L’homme désirait vivement étudier ce livre.

Entre-temps, il regarda et il se trouvait dans sa maison. Il regarda encore, il était là-bas. Il décida de grimper en haut de la montagne, au sommet il atteindrait peut-être un endroit habité.

Parvenu là-haut, il vit un arbre d’or, dressé là-bas, avec des branches en or. Sur les branches, des instruments étaient suspendus, comme ceux représentés dans le livre. Sur les instruments, il y avait des outils avec lesquels on fabriquait ces instruments. L’homme souhaitait prendre les instruments de leur place, mais il ne le pouvait pas, car ceux-ci étaient enchevêtrés parmi les branches tortueuses de l’arbre. Entre-temps, il regarda et se trouvait chez lui.

L’homme était fasciné par cet état: une fois ici, une fois là-bas! Il aurait voulu révéler cela à d’autres personnes, mais comment raconte-t-on aux gens une histoire tellement invraisemblable? Sur ces entrefaites, il aperçut son visiteur par la fenêtre. Il se mit à l’appeler vivement, qu’il vienne à lui. « Je n’ai pas le temps, » objecta le visiteur, « car je pars te rejoindre. » L’homme lui dit: « Cela également me paraît incroyable en soi! Voilà que je me trouve ici. Et que signifie donc que vous « partez » me rejoindre? »

Le visiteur lui expliqua: « Lorsque tu acceptas de me reconduire jusqu’après le seuil de ta maison, je m’emparai de ton âme (néchama) et la revêtis d’un habit du jardin d’Eden de ce monde-ci; alors que ton néfèch (esprit) et ton roua’h (souffle divin) restèrent en ta possession. C’est la raison pour laquelle, lorsque tu fixes ta pensée là-bas, tu te trouves effectivement là-bas et tu attires à toi la lumière du monde supérieur, et lorsque tu reviens ici, tu es ici!… »

Je ne sais de quel monde ce visiteur est venu, d’un monde de bien, assurément. Cependant, cela ne se finit ni ne se conclut…

Traduction par Meir Haddad – shabat.breslev@gmail.com

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