T’en as pas marre de souffrir ?

Posté par  admin   à        dimanche, août 21, 2016     1655 Views     Laisser vos impressions  

A trop intellectualiser ses souffrances et ses peines, on s’éloigne parfois de la raison principale qui en est la cause…

L’homme recherche naturellement à comprendre ses peines :

La vie est faite de toutes sortes d’incidents de parcours, de déceptions, de désillusions, de rêves brisés, d’humiliations qui sont pour nous autant de sources évidentes de peines et souffrances par lesquelles nous passons.

Notre esprit a soif de comprendre et crée alors des liens de cause à effet entre les éléments de notre réalité et de notre douleur : Je vais mal parce que je ne fais pas le travail qui me plait, je viens de sortir d’une relation amoureuse de deux ans et mon amie me manque, je ne vis plus à côté de mes parents, j’ai un patron méchant, je vis en ville alors que je préfère la campagne… Autant de raisons parmi les dizaines d’autres que nous nous hâtons de trouver pour expliquer nos souffrances passagères ou prolongées.

Ainsi on peut souffrir de façon permanente, toute une vie, et sans cesse justifier ces sentiments négatifs par un  manque ou une épreuve dans notre vie. Certains pourront même parfois, après quelques bonnes années de souffrance en arriver à croire tout simplement que vivre c’est souffrir.

A la recherche du bonheur

Pourtant ces mêmes personnes qui face à cette absence de perspective, lentement sombrent dans le désespoir, puis rencontrent parfois des gens qui leur donnent l’impression d‘être heureux ou tout au moins qui ne souffrent pas comme elle… Curieux ! Le bonheur existe-il ? se demandent -elles tout à coup. Intriguées elles essaient de s’approcher un peu plus de ces «  spécimens » pour voir s’ils ont un « truc », une formule de vie pour faire échec à la souffrance.

Mais, progressivement, en côtoyant de plus près ces gens soit-disant imperméables à la souffrance elles réalisent qu’eux aussi souffrent mais savent très bien faire semblant d’être bien.

Alors finalement on serait tenté de dire que tout le monde souffre.  Nous serions venus ici, dans ce monde, pour être éprouvé, et notre but serait d’essayer de souffrir le moins possible en améliorant la qualité de notre quotidien : faire du sport, avoir une alimentation saine pour être en bonne santé, trouver le conjoint idéal, gagner plus d’argent pour  jouir d’une plus grande variété des plaisirs de ce monde, travailler moins et se reposer, consacrer du temps aux voyages et pourquoi pas… à la méditation.

La société de consommation profite évidemment de cette situation en nous proposant toutes sortes de palliatifs, qui ne sont en réalité jamais une solution contre nos tourments.

Pourquoi souffrir ?

Notre souffrance est en réalité toujours le résultat de nos fautes. C’est à dire que l’âme que Dieu a insérée dans notre corps suit un certain nombre de règles. Chaque fois que nous enfreignons ces règles nous l’endommageons un peu plus. L’ensemble de ces règles constituent ce que l’on appelle la loi juive ( la Alakha). L’ âme d’un juif est d’une très grande sensibilité et celui qui  faute, consciemment ou sans le savoir, s’injecte du poison.

Comme il est écrit dans le traité Brahot « En Issourim belo Avon »:  il n’y a pas de souffrances sans fautes.  Par « faute », nous entendons une transgression dans notre acte ou notre pensée par rapport à la loi juive. Le vrai grand fardeau qui pèse sur un juif ce sont ses fautes nous dit Rabbi Na’hman. Cela s’explique par le fait que notre âme, dans son essence véritable n’a rien avoir avec la faute.

L’âme d’un juif, à son origine, est tellement précieuse, noble et raffinée qu’elle ne supporte pas la moindre erreur. Malheureusement une âme qui a beaucoup fauté se trouve enlisée dans la boue et finit parfois par s’habituer à cette situation, incapable de réagir et de s’en sortir. De là, elle perd sa sensibilité et se familiarise au pire, en côtoyant son ennemi juré.   

La téchouva : le remède

La plus grande faveur qu’il puisse être faite à un juif  est de l’aider à se détacher  de la faute. C’est le seul moyen pour que sa souffrance aille en s’atténuant. Se détacher de la faute veut dire clairement faire téchouva, en d’autres terme, revenir à une vie selon la loi juive.

« Pas facile la téchouva » me direz –vous… C’est vrai que cela implique aussi de passer par des souffrances . Oui, mais ces souffrances là, sont celles qui nous purifient, et nous nettoient de nos erreurs passées et qui nous conduisent donc vers le renouveau de notre sensibilité spirituelle qui est la base essentielle d’ une future vie dans la lumière de Dieu et de sa Torah .

Le seul bonheur authentique et durable pour un juif sur cette terre ne peut venir que si sa vie est baignée dans cette lumière qui reste cachée et inaccessible jusqu’au moment où, par notre travail et notre  persévérance dans la pratique des mitsvot, de l’étude et de la prière, nous devenons un réceptacle de cette lumière.

Pas question pour le mauvais penchant que nous arrivions à intégrer cette équation simple et puissante de vérité ; je faute, je souffre. J’arrête de fauter, j’arrête de souffrir.

Personne ne veut entendre l’air de cette chanson devenue avec le temps ringarde et politiquement incorrecte. Dans les cours de Torah on n’ose plus parler d’une façon si explicite,  de peur d’être traité de culpabilisateur.  On rejette cette idée car elle paraît trop simpliste, trop réductrice et surtout parce qu’elle génère un sentiment de culpabilité qui heurte la sensibilité de cette génération si fragile du talon du Machiach.

D’un autre côté, ceux qui ont eu la chance d’avoir compris ce processus et qui désormais vivent ce bonheur intense d’être près de Dieu ne peuvent pas rester passifs et insensibles à la détresse de leurs proches ou tout autre frère juif, plongés dans l’amertume et la souffrance sans rien leur dire. 

Cela aurait tout l’air d’être un cas de non assistance à personne en danger.

Alors au risque de heurter la sensibilité de ces « bien-pensant » qui ne veulent pas entendre la vérité car il refusent de la regarder bien en face, disons haut et fort à tout celui qui souffre: t’en as pas marre de souffrir?

 Aharon Chetrit

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