T’en as pas marre de souffrir ?

Posté par  admin   à        dimanche, août 21, 2016     1350 Views     Laisser vos impressions  

Par Aharon Chetrit

La vie est faite de toutes sortes d’incidents de parcours de déceptions, de désillusions, de rêves brisés, d’humiliations qui sont pour nous autant de sources évidentes des peines et souffrances par lesquelles nous passons. Notre esprit a soif de comprendre. Alors il crée  des liens de cause à effet entre les éléments de notre réalité et notre douleur ; Je vais mal parce que je ne suis pas en train de faire le travail qui me plait, je viens de sortir d’une relation amoureuse de deux ans et mon amie me manque, je ne vis plus à côté de mes parents, j’ai un patron méchant, je vis en ville alors que j’aime plus la campagne. Autant de raisons parmi les dizaines d’autres que nous nous hâtons de nous donner pour expliquer nos souffrances passagères ou prolongées.

Ainsi on peut souffrir de façon permanente, toute une vie, et sans cesse justifier cette souffrance par un  manque ou une épreuve dans notre vie. Certains pourront même parfois, après quelques bonnes années de souffrance en arriver à croire tout simplement que vivre c’est souffrir.

Pourtant ces mêmes personnes qui face à cette absence de perspective lentement sombrent dans le désespoir rencontrent parfois des personnes qui leur donnent l’impression d‘être heureuses ou tout au moins qui ne souffrent pas comme elle. Curieux! le bonheur existe-il ? se demandent -elles tout à coup. Intriguées elles essaient de s’approcher un peu plus de ces «  spécimens » pour voir si ils ont un truc, une formule de vie pour faire échec à la souffrance.

Mais, progressivement, en côtoyant de plus près ces gens soit-disant imperméables à la souffrance elles réalisent qu’elles aussi souffrent mais qu’elles savent très bien faire semblant d’être bien.

Alors finalement on serait tenté de dire que tout le monde souffre.  Nous serions venus ici , dans ce monde, pour souffrir et que notre but serait d’essayer  de souffrir le moins possible en améliorant la qualité de notre quotidien : faire du sport et améliorer son alimentation pour être en bonne santé, trouver le conjoint idéal, gagner plus d’argent pour mieux jouir d’une plus grande variété des plaisirs de ce monde ainsi que pour travailler moins et se consacrer plus au repos, aux voyages et pourquoi pas… à la méditation. La société de consommation profite évidemment de cette situation en nous proposant toutes sortes de palliatifs qui ne sont en vérité jamais la vraie solution de notre souffrance.

Notre souffrance est en réalité toujours le résultat de nos fautes. C’est à dire que l’âme que Dieu a insérée dans notre corps suit un certain nombre de règles. Chaque fois que nous enfreignons ces règles nous l’endommageons un peu plus. L’ensemble de ces règles constituent ce qu’on appelle la loi juive ( la Alakha). L’ âme d’un juif est d’une très grande sensibilité et celui qui en faute, consciemment ou sans le savoir, lui injecte du poison.

Comme il est écrit dans le traité Brahot « En Issourim belo Avon »:  il n’y a pas de souffrances sans fautes.  Par faute nous entendons une transgression dans notre acte ou notre pensée par rapport à la loi juive. Le vrai grand fardeau qui pèse sur un juif c’est ses fautes nous dis Rabbi Na’hman et cela s’explique par le fait que notre âme, dans son essence véritable n’a rien avoir avec la faute.  L’âme d’un juif, à son origine est tellement précieuse, noble et raffinée qu’elle ne supporte pas la moindre faute. Malheureusement  une âme qui a beaucoup fauté se retrouve enlisée dans la boue et finis  parfois par s’habituer à cette situation ,incapable de réagir et de ce sortir de là elle perd sa sensibilité et s’habitue au pire ; côtoyer son ennemi juré.   

La plus grande faveur qu’il peut être faite à un juif  est de l’aider à se détacher  de la faute. Car il n’y que comme çà que çà souffrance ira en s’atténuant. Se détacher de la faute çà veut dire clairement faire téchouva, en d’autres terme revenir à une vie selon la loi juive. Pas facile la téchouva me direz –vous car çà aussi implique passer par des souffrances. Oui mais ces souffrances là sont des souffrances qui nous purifient, nous nettoient de nos fautes passées et nous conduisent donc vers le renouveau de notre sensibilité spirituelle qui est base essentielle d’ une future vie dans la lumière de Dieu et de sa Torah .

Le seul bonheur authentique est durable pour un juif sur cette terre ne peut venir que si sa vie est baignée dans cette lumière qui reste cachée et inaccessible jusqu’au moment ou, par notre travail et notre  persévérance dans la pratique des mitsvot et de l’étude et de la prière, nous devenons un réceptacle de cette lumière.

Pas question pour le mauvais penchant que nous arrivions à intégrer cette équation 

simple et puissante de vérité ; Je faute, je souffre. J’arrête de fauter, j’arrête de souffrir.

Personne ne veut entendre l’air de cette chanson devenue avec le temps ringarde et politiquement incorrecte. Dans les cours de Torah on ose plus parler d’une façon si explicite,  de peur d’être traité de culpabilisateur.  On rejette cette idée car elle paraît trop simpliste trop réductrice et surtout parce qu’elle génère un sentiment de culpabilité qui heurte la sensibilité de cette génération si fragile du talon du Machiach.

D’un autre côté, comment dire à celui  vit l’intense bonheur résultant de la prise de conscience de la présence de Dieu dans sa vie d’assister au spectacle de  certains de ses proches ou tout autre frère juif plongés dans l’amertume et la souffrance sans rien leur dire. 

Cà a tout l’air d’être un cas de non assistance à personne en danger.

Alors au risque de heurter la sensibilité de ces « bien-pensant » qui ne veulent pas entendre la vérité car il refusent de là regarder bien en face disons haut et fort à tous celui qui souffre: t’en as pas marre de souffrir !

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