Ticha béav: les larmes et l’espoir

Posté par  admin   à  ,       mardi, août 19, 2014     808 Views     Laisser vos impressions  

Le passé n’est plus ! Ce qui compte, c’est de prendre en main notre présent et notre futur (Likouté Moharane II 48). Il ne faudra donc pas se morfondre sur le passé, mais fort de son expérience ou de ce qu’il nous a apporté, construire un futur meilleur. Les pleurs du 9 Av n’échappent pas à la règle et sont eux aussi imbibés d’espoir.

Des larmes pour le Temple

A la lueur d’une bougie, recueilli dans la pénombre, au 9 du mois d’Av, le soir. Assis à même le sol, dans cette atmosphère qui malgré la gravité du jour ne manque pas d’amuser les enfants, parfois même les grands, je m’interroge, probablement comme bien d’autres ici là, ce que signifie réellement ce deuil du Temple détruit.

Car si splendide qu’eut été cet édifice, les chants des Lévites et la vie qui s’y déroulait, que me faut t-il aujourd’hui comprendre de ce Temple que je suis censé pleurer et que je n’ai pourtant pas connu.

En quoi fait-il parti de ma vie, de mes préoccupations, de mes espérances.

Et pourquoi encore, si triste fut-il, pleurer un événement deux fois millénaire, alors que tout proche de nous, en nous, le monde souffre encore, encore et toujours.

Et la réponse est simple, à y réfléchir, elle s’impose. Tout le mal du monde découle finalement de ce Temple détruit, d’une présence divine qui se voile, se tait, des tyrans et des menteurs, et l’impression d’être livré au grès du sort, où la règle est celle des plus forts. (Cf. Likouté Moharane 250)

La providence divine dévoilée

Car le Temple, désigné également MiShKaNe, est de sorte fait à attirer : MoShéKh, cette Présence divine : ShéKhiNa, si proche, si palpable, et garante : MaShKoNe de l’affection d’un Père (Cf. Likouté Moharane 70). Une Providence divine qui ne se cache plus, qui répond à nos prières, nous permettant ainsi de comprendre qu’il y a dans ce monde un Patron. (Cf. Likouté Moharane 55 : 4)

Et tout cela nous laisse aujourd’hui parfois perplexe. Dieu est-il vraiment là à mes côtés, où dois-je avoir peur ? Cela sert-il réellement de prier, pour y mettre son cœur ?

Comme un enfant qui perdu dans la foule recherche son père, il suffit simplement de tendre la main et voir que Papa est bien là, encore à côté de soi, et que jamais en fait Il ne s’était éloigné. (Cf. Likouté Moharane 56 : 3)

Dieu, Lui-même attend…

A présent, Dieu espère revenir à nous et reconstruire le Temple (Likouté Moharane II 67).

Dieu espère, implique qu’il nous appartient comme cet enfant de tendre la main, vers le Dieu, Père de l’univers, appeler son amour, exprimer notre languissement : et c’est là, le sens du deuil !

Car il n’y a dans ce deuil aucune mélancolie. Oublier le Temple, oublier les grandes heures, accepter l’exil ou l’échec, et s’y résigner alors que partie n’est pas perdu, alors qu’il y tant de cartes à jouer. Être petit lorsqu’on est grand, oublier ce que nous sommes vraiment, notre identité, Israël, prototype de la relation réciproque entre Dieu et l’homme, c’est ce qui s’appelle mourir, et s’éteindre par oubli (Cf. Likouté Moharane 54 : 4).

Le 9 Av, un introspection personnelle

Y croire encore, se souvenir, c’est certes parfois se languir et dans une certaine mesure souffrir, mais c’est également un éveil du cœur, qui discrètement, secrètement, goûte alors à une splendeur retrouvée, car selon les termes du Maître (Likouté Moharane II 67) Dieu a promit à tout celui qui s’endeuille sur Tsione «de mettre au-dessus des endeuillés de Tsione, la splendeur PEER sous la cendre EPhER».

Il convient donc de profiter de l’atmosphère du 9 du mois d’Av pour tenter de réfléchir au sens des événements, à l’histoire collective, ainsi que personnelle, souhaiter le changement, regretter et se languir, exprimer par la parole nos réflexions à ce sujet (Cf. Likouté Moharane 31 : 7), les adresser à Dieu, par confidence ou prière, ou voire par un chant (Cf. Likouté Moharane 54 : 7).

Par Isaac Mickaël GUIGUI 

 

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