Vision de Tou Bichevat par Rabbi Nahman

Posté par  admin   à        vendredi, janvier 18, 2019     1344 Views     Laisser vos impressions  

La première Michna du Traité de Roch-Hachana nous dit qu’il y a quatre Nouvel-ans dans l’année Juive dont Tou-biChevat, le 15 du mois de Chevat : le Nouvel-an de l’arbre. Qu’a de particulier cette date ?

L’année Juive est divisée en quatre saisons, de trois mois chacune. La première étant celle commençant par le mois de Nissan, le mois de la fête de Pessa’h, le mois de la Délivrance, passée et prochaine, le mois dont le premier jour est aussi un Nouvel-an, celui du compte des années de règnes des Rois d’Israël, en attendant celui que l’on attend tous, le Machia’h.
Par ailleurs, la dernière saison de l’année, celle qui précède, est composée des mois de Tevet-Chevat-Adar, dont l’épicentre est précisément Tou-biChevat.

Signification : avant la Délivrance survient l’obscurité, mais surtout, le comble de cette obscurité qui est porteur en soi du point de re-départ, de renouveau. C’est le sens du « nouvel-an » : inauguration, renouvellement.
Ainsi pour atteindre la Délivrance, D.ieu nous éclaire d’une balise dans l’obscurité : le Nouvel-an de l’Arbre. Qu’est-ce que l’Arbre ?

Rabbi Nahman de Breslev nous dit (Likoutey-Moharan 65) : « Sache qu’il y un Champ, où grandissent arbres et herbes vraiment magnifiques et ravissants. La grandeur de la beauté précieuse de ce Champ, il est impossible de le dire. Heureux l’œil qui l’a vu ! Les arbres et herbes correspondent aux Âmes saintes qui y grandissent. »
Plus loin il continue : « Et saches que lorsque ces âmes font des fruits, c’est qu’ils font la Volonté de l’Endroit. » (L’Endroit est l’une des appellations de D.ieu correspondant dans la Kabbala à la notion de Kéter…)

Le Champ dont il est question, c’est le Eden, la partie supérieure du Gan-Eden, sa partie transcendante où les âmes ont leur racine.

Quand est-ce que l’Arbre donne ses fruits ? Lorsqu’il est dans le Champs !
Décodage : quand est-ce que l’Arbre, c’est-à-dire l’Homme lorsqu’il fusionne avec son âme – donne-t-il ses fruits, c’est-à-dire réalise-t-il la Volonté Divine initiale de la Création ? Lorsqu’il est dans le Champs : lorsqu’il exalte le Créateur !

Pour comprendre, prenons le cas d’un simple fruit, par exemple une pomme…
Au moment où l’homme tient une pomme dans sa main et s’apprête à la consommer, que cette pomme va alors trouver sa raison d’exister, elle n’existe jusque là pas encore vraiment, elle est juste « virtuelle » dans la Création.
Ce n’est qu’au moment de dire la Bénédiction précédant sa consommation, qu’on amène une Lumière de l’Infini se « revêtant » dans ce fruit qui en devient le Réceptacle et trouve alors son existence.
Mais simultanément, et paradoxalement, en faisant cette Bénédiction, on élève l’Étincelle Divine qui donne vie à ce fruit pour la faire s’unir à sa source, la Volonté Suprême.
Voila que ce fruit ne prend existence dans la Création qu’au moment où il est transcendé (puisqu’il est consommé, avalé dans le processus de toute la Création…)

Au niveau de l’Homme (l’Arbre…) lorsqu’il va être dans le Champs, qu’il va exalter par sa prière et sa louange le Créateur, il va amener la Lumière Divine de l’Infini dont il va se revêtir, lui-même n’étant plus qu’à ce moment qu’un ensemble de lettres, les mêmes dont s’est servit D.ieu pour créer le monde. Cette Lumière Infinie va dessiner en sa personne un Réceptacle, qui va simultanément s’unir, se fondre, s’annuler, à la Volonté Suprême…

C’est ici le sens du concept fondamental que Rabbi Nahman de Breslev nous a inspiré dans nos dernières générations : Hitbodedouth ! Parler à D.ieu, dans sa langue maternelle, comme un fils parlerait à son père, pour Lui délivrer son cœur et trouver sa véritable raison d’exister…

Quel cadeau !

Ce monde-ci n’est qu’une illusion… Alors, au-delà de tout restons confiant en D.ieu et chassons de nos esprits toute inquiétude, car Rabbi Nahman nous révèle : « Il existe un concept – c’est que tout s’inverse en Bien ! » NA NA’H NA’HMA NA’HMAN MEOUMAN…

 

Par Israël Zitoun 

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