Vivez un Hanoucca unique

Posté par  admin   à        mardi, décembre 12, 2017     269 Views     Laisser vos impressions  

 Nos efforts pour renouveler notre volonté à l’égard d’une mitsva nous font par eux-mêmes avancer vers sa mise en œuvre

La volonté précède l’action

La première étape de tout processus spirituel est le départ en recherche. Rabbi Nahman de Breslev nous dévoile que l’action d’un juif pour se rapprocher de son Créateur ne commence pas à l’action proprement dite mais à la mise au monde d’une volonté. Et ainsi écrit notre maître Rabbi Nathan (L.H. Téfilat Haminh’a §7, art. 84-86): « La réparation de tous les mondes est uniquement le fruit de nos réveils d’en bas…Ainsi chaque réveil de quiconque quel qu’il soit est très précieux et important auprès d’Hachem comme le dirent nos Sages « Ouvrez-Moi le chat d’une aiguille et Je vous ouvrirai les portes d’un palais » car dès l’instant où une personne se réveille si peu que ce soit à la sainteté, se réveille à son encontre une grande abondance spirituelle à l’aide de laquelle il peut se réveiller plus encore et ainsi de suite…Ceci est le secret du verset « Et voici des anges d’Hachem qui montent et descendent (l’échelle de Jacob) » car par chacun de nos réveils, sont créés des anges. Ceux-ci montent et par cela nous parvient une aide du Ciel représentée par les anges qui descendent nous donner des forces.

Oui, le réveil en soi, la prise de conscience et le départ en recherche, en eux-mêmes rapprochent déjà de la pleine délivrance

La mitsva qui donne des forces

Une fois, j’eu la chance d’assister à une leçon donnée par un des grands maîtres de la Hassidout de notre génération. Il nous y expliqua que la volonté d’accomplir une mitsva crée un « tuyau » entre notre âme et le « Heih’al » de cette mitsva dans les mondes supérieurs par lequel la mitsva en question commence déjà à nous donner des forces avant même que nous n’ayons commencé à la mettre en pratique. Jusqu’au jour où comme naturellement nous parviendrons à prendre le dessus et à l’accomplir dans sa plénitude. Ainsi, combien une personne renouvellera ses volontés de garder le Shabbat combien la mitsva du Shabbat elle-même lui déversera de sa lumière jusqu’à lui donner l’audace d’ouvrir cette grande et nouvelle page de son judaïsme.

Aussi, à quel point nous renouvellerons notre volonté de vivre les fêtes avec une joie nouvelle, et combien les livres et les cours que nous écouterons sur le sujet nous éclaireront si l’on s’efforce de rechercher en eux la lumière désirée.

Parfois l’on voit deux juifs assistants au même cours, l’un qui s’enflamme et semble entendre des choses extraordinaires et l’autre, assis à ses côtés, qui vérifie chaque minute sa montre. Pas toujours mais bien souvent, la réponse se trouve dans leurs degrés respectifs de recherche à l’entrée du cours. Celui qui avant d’écouter le cours aiguisera sa volonté de mieux servir Hachem entendra un tout autre cours que celui qui y rentre par simple curiosité où pour faire plaisir à son conjoint. La volonté par elle-même élève, aiguise les esprits et les cœurs jusqu’à donner à l’être la force d’ouvrir les portes jusque là fermées.

Notre volonté, le nerf d’une guerre sans répit

De cette grandeur du travail de la volonté apte à nous amener à tous les buts, nous devinons aussi l’étendue de la lutte que « l’autre côté » mène pour nous en sortir. L’usure, le désespoir, les doutes, l’illusion que cela n’est pas pour nous, la peur d’être différent, le rassasiement par les plaisirs de la réussite dans ce monde…autant d’armes avec lesquelles, parfois même sans que nous nous en rendions compte, il nous sort de la voie royale –celle de la vive volonté- pour nous pousser dans une confortable tombe avant l’heure. Notre judaïsme devient alors statique et nous passons les semaines et les mois de l’année comme un satellite après avoir trouvé son orbite. Il est difficile d’énoncer toutes les tactiques de l’ennemi pour  faire tomber nos volontés car lui aussi se renouvelle sans cesse et face à chacun de façon originale. C’est pour faire face à ces armes et ces forces nouvelles, cette obscurité que nous avons tellement besoin des bougies de ce H’anoucca.

H’anoucca,un cadeau complètement nouveau et qui ne reviendra pas

Certes chaque année, par notre allumage des bougies de H’anoucca, se déverse sur notre âme une lumière venant de très haut apte aussi à descendre très bas jusqu’à pouvoir faire naître en nous l’espoir là où nous avions déjà tiré un trait. Oui, tous les ans, c’est la même idée. Mais chaque année ce n’est ni la même obscurité ni la même lumière. Au même titre que « l’autre côté » pose toujours de nouvelles cartes, attaque sans cesse avec une vitalité renouvelée, nous aussi pour lui faire face nous avons besoin d’une lumière nouvelle et inédite qui sera à même de le déjouer.

Lorsque cette année tu regarderas les flammes de ta H’anoucciah animé de ta croyance en la lumière spirituelle qui les habite, celles-ci te donneront alors la foi et la confiance en Hachem dont tu auras besoin pour affronter les défis nouveaux de l’année à venir. Elles te donneront l’éclair d’esprit nécessaire pour te souvenir le jour venu qu’Hachem est encore avec toi, auprès de toi, t’écoute et est prêt à te venir en aide. Elles te donneront la lucidité pour apprécier le bien que tu as.

Rabbi Nathan rapporte au nom de notre maître dans les « Sih’ot Haran » qu’Hachem ne fait jamais deux fois la même chose. Même si à toi il semble que l’heure que tu passes est exactement la même que la précédente et que celle d’hier, crois et sache que la vérité est différente. Chacun de nos moments est une innovation au regard de la création et lui prodigue une réparation qui ne lui fut encore jamais apportée demain. Ainsi pour ton allumage de la H’anouccia, crois et sache que son œuvre dans l’ensemble des monde ainsi qu’en toi est inédite et ne se représentera plus.

Le cadeau des humbles

Si tu prends ces enseignements de notre maître à cœur avec innocence et simplicité, ton H’anoucca en sera tout autre ainsi que ton appréhension de chacun des moments de ta vie juive. Mais si tu les prends comme matière à réfléchir en attente de voir si tu es d’accord, tu auras alors tout perdu. Car ces enseignements sont la récompense qu’ont reçue les Justes en retour de leurs efforts surhumains pour se sanctifier toujours plus et plus encore, chose que nous n’avons pas encore faite. Par nous-mêmes, il ne nous revient pas de les saisir. Hachem dans son infinie miséricorde nous a donné la possibilité de les recevoir en cadeau, si toutefois nous avons l’humilité de tendre la main et de les recevoir en tant que tel. Prends donc cette lueur d’esprit venue à toi de si haut et prépare-toi à vivre, avec les enseignements que tu connais déjà, un H’anoucca que tu n’as encore jamais connu.

Hag Saméa’h  

Michaël David Tolédano 

 

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