Y-a-t-il une vie sans internet ?

Posté par  admin   à        jeudi, novembre 29, 2018     160 Views     Laisser vos impressions  

Bonjour, je m’appelle Jérémie Berrebi.

J’étais à l’école à Ohr Yossef, puis ensuite à Maimonide, j’ai eu le bac au rattrapage. A 16 ans, j’étais passionnée d’informatique.
Donc en 1994, je découvre Internet. Lorsque Internet a été ouvert au grand public, tout le monde m’appelait pour en comprendre le système, ce qui fait que je passais ma vie dans les plateaux télés.
Je n’ai que 19 ans lorsque je monte ma première start-up, et que j’ai plus de 50 employés. Imaginez vous : à 19 ans, gérer des gens qui ont le double voire le triple de votre âge.
Aujourd’hui j’en gère 360.
Lorsque je suis rentré dans le monde de l’high tech, la thora me manquait profondément ce qui fait que parfois dans la salle de conférence on faisait des cours avec Daniel Marhely et Maxime Saada qui sont aujourd’hui à la tête de Deezer et de Dailymotion.
Mais aujourd’hui, je vais vous parler d’internet, ça fait plus de 30 ans que je travaille là dedans, donc croyez moi sur parole parce que le sujet je le connais.
Tout ça pour vous dire que dans les réseaux sociaux il y’a en moyenne 1 000 modifications par jour.
Pour vous tester et vous analyser.
En effet, les meilleurs psychologues du monde entier vous analysent et constatent si le taux d’utilisateurs est plus élevé ou non grâce à leur mise à jour. Parfois c’est minime, ce n’est qu’un pixel dans le logo qui change. Mais sachez que c’est gens là n’ont absolument rien à faire de l’être humain. Leur seul but c’est de vous faire consommer. Le patron de Facebook voulait faire utiliser son application de manière illimitée.
Pour cela il a fait une expérience.
Il a donné à des hommes des bols de soupe avec une paille qui leur resservait en permanence de la soupe, ce qui fait qu’à chaque fois qu’il mangeait, la soupe ne se finissait jamais.
Il s’est basé sur cette théorie pour son application.
Moi en 2007, lorsque j’étais sur Facebook, lorsqu’on finissait le fil d’actualité, c’était fini. Aujourd’hui, comme le bol de soupe, vous pouvez défiler à l’infini votre fil d’actualité, y’aura toujours a voir.
Et lorsque vous faites ça, vous n’êtes que des victimes, des rats de laboratoires qu’on teste chaque jour, ou on flique vos réactions dans le but de vous amener à la dépendance la plus totale.
Ils captent votre faille dans le cerveau, et sécrète en vous l’hormone du plaisir : la dopamine.
C’est la même qui agit lorsque vous fumez ou que vous buvez lorsque vous êtes sur votre smartphone.
En bref, c’est une chose que l’on kiffe faire à court terme, mais on se rend compte à long terme que ça amène au néant.
Vous allez me dire : mais tous les religieux fument ? Ne me parlez pas d’eux, moi même je ne les comprend pas.
En vérité, l’humain souffre d’une maladie grave, en high tech on appelle ça le : FOMO : Fear of Missing Out : la peur de rater quelque chose. Évidemment que ça vous énerve quand vos amis vous appelle pas pour sortir, donc vous les localiser. Que vous savez pas « the place to be » en ce moment, et que vous voulez savoir où toute la gallerie est partie cet été.
Mais aujourd’hui je me suis complètement déconnecté, et j’ai vu que absolument rien ne change. Je me porte toujours aussi bien et la vie continue. Donc ne croyez pas que vous ratez quelque chose, vous ne ratez absolument rien. Et j’ai même mieux, vous devenez plus efficace et vous perdez beaucoup moins de temps.
Sachez que même les notifications ont été installés pour vous faire consommer plus. Vous vous croyez que ça vous facilite la vie, mais ce n’est qu’un piège.
Aujourd’hui dans la Silicon Valley, ils font de la méditation pour se recentrer sur eux même et se déconnecter, et ça leur fait un bien fou.
Nous on appelle ça le chabbat.
Les gens postent des photos sur Instagram attendent le « t’es beau » des gens et lorsqu’ils ont pas le nombre de likes qu’ils espéraient, ils pensent que le monde entier ne les aime plus.
Vous n’avez pas besoin des gens pour la reconnaissance de ce que vous faites, de ce que vous dites ou de ce que vous êtes. Ce n’est qu’ un manque de confiance intérieur.
Ce qui m’a permis de totalement me déconnecter, c’est lorsque ma fille a toqué à mon bureau pour me demander de venir et que j’ai répondu : « J’ai pas le temps » alors que j’étais en train de répondre à un commentaire sur Facebook.
Alors quoi, je n’ai pas le temps ?
A partir de ce jour la, j’ai quitté plus de 5000 amis virtuels et aujourd’hui je me sens beaucoup mieux.
J’ai un téléphone casher, je consulte Internet sur mon ordinateur filtré 30 minutes par jour pour répondre à mes mails et même parfois, pris au piège, je me retrouve à surfer sur un sujet qui n’a rien à voir.
Alors imaginez sur YouTube où toutes les 5 secondes on vous propose une nouvelle vidéo car ils ont capté ce que vous recherchez et ce que vous aimez.
Il n’y a rien de nouveau sur le téléphone, la vraie vie et les idées sont à l’extérieur. Internet voulait améliorer l’homme, au lieu de ça, il l’a détruit.
Sur ce, je dois y aller faire Arvit.

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